{"id":693,"date":"1925-01-21T10:30:22","date_gmt":"1925-01-21T09:30:22","guid":{"rendered":"http:\/\/masques.quentagnes.org\/?p=693"},"modified":"2014-01-24T20:48:08","modified_gmt":"2014-01-24T19:48:08","slug":"la-creature-de-silas-nkwane","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/masques.quentagnes.org\/?p=693","title":{"rendered":"La cr\u00e9ature de Silas N&#8217;Kwane"},"content":{"rendered":"<p>J&#8217;\u00e9cris ces lignes au chevet de ma cousine, dans une chambre d&#8217;h\u00f4pital. Les \u00e9v\u00e8nements se sont encha\u00een\u00e9s en cascade et il est temps pour moi de mettre mon journal \u00e0 jour. Ce d\u00e9but de semaine aura \u00e9t\u00e9 rude pour tout notre petit groupe, mais je pense surtout aux autres, qui ont \u00e9t\u00e9 sans doute pour la premi\u00e8re fois face \u00e0 une preuve tangible, ind\u00e9niable, et terriblement dangereuse des terreurs tapies dans l&#8217;ombre de l&#8217;histoire de l&#8217;humanit\u00e9. J&#8217;esp\u00e8re que leurs esprits seront assez solides pour tenir\u2026 Mais prenons les choses dans le bon ordre.<\/p>\n<p><strong>Dimanche 18 janvier 1925<\/strong><\/p>\n<p>Nous nous retrouv\u00e2mes tous \u00e0 10h pour l&#8217;enterrement d&#8217;Elias. Un office la\u00efc mais tr\u00e8s \u00e9mouvant, financ\u00e9 par Prospero Press.\u00a0Kensington avait visiblement une relation forte avec Elias car il y a beaucoup de moyens mis en oeuvre. \u00c9tonnamment beaucoup de gens du gotha de New York se trouvent dans l&#8217;assistance (le chef de la police, divers journaux&#8230;).<\/p>\n<p>La foule se dissipa \u00e0 la fin de la c\u00e9r\u00e9monie. Kensington se dirigea vers Drumond et nous. Il nous reparla de sa proposition de poursuivre l&#8217;enqu\u00eate d&#8217;Elias. Je lui demandai s&#8217;il cherche \u00e0 savoir le fin mot pour lui m\u00eame ou pour avoir une histoire \u00e0 vendre. Il m&#8217;assura que ce n&#8217;\u00e9tait en aucun cas vou\u00e9 \u00e0 \u00eatre publi\u00e9. Il a lui m\u00eame lu les \u00e9crits d&#8217;Elias qu&#8217;il nous a fourni, et confirma qu&#8217;il en fallait beaucoup pour secouer Elias, ce qui a piqu\u00e9 son int\u00e9r\u00eat et sa m\u00e9fiance \u00e0 la fois.<\/p>\n<p>Pour Kensington, l&#8217;exp\u00e9rience a prouv\u00e9 qu&#8217;Elias ne se trompait jamais, et il veut comprendre, et \u00e9ventuellement combattre une machination si cette piste s&#8217;av\u00e9rait vraie, et transmettre ensuite l&#8217;affaire aux autorit\u00e9s comp\u00e9tentes&#8230; s&#8217;il y en a. Nous accept\u00e2mes de travailler pour lui. Dans le cas d&#8217;un d\u00e9part \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger pour suivre les pistes d&#8217;Elias, il nous dit qu&#8217;\u00e0 London il connait quelqu&#8217;un \u00e0 Scotland Yard et quelqu&#8217;un au Scoop (journal local). Il prit ensuite cong\u00e9.<\/p>\n<p>Nous discut\u00e2mes des suites a donner \u00e0 la piste N&#8217;Kwane. Se planquer et le suivre a la sortie le lendemain ? Drumond sugg\u00e9ra meme de s&#8217;introduire &#8220;par inadvertance&#8221; dans sa boutique. Nous e\u00fbmes du mal \u00e0 s&#8217;accorder sur la meilleure d\u00e9marche \u00e0 suivre. Le dimanche, quand la boutique est ferm\u00e9e ? De nuit ? Le lendemain lundi \u00e0 la fermeture, voir o\u00f9 il va ?<\/p>\n<p>Dans le doute nous ne f\u00eemes rien de la journ\u00e9e mais nous all\u00e2mes etudier les livres chez Carlyle. Drumond lut LaVie d&#8217;un Dieu (parlant d&#8217;abominations commises au nom du &#8220;pharaon noir&#8221;, Nyalathothep, ayant un temple en Egypte dans la pyramide inclin\u00e9e de Dashur). Je commen\u00e7ai le livre d&#8217;Ivon. C&#8217;est illustr\u00e9 avec une image mi-salamandre mi-serpent mais dress\u00e9 avec deux bras, c&#8217;est assez surprenant. Je suis convaincu que l&#8217;illustration a boug\u00e9 et m&#8217;a regard\u00e9. Le livre fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la magie du sorcier Eibon. \u00c7a me semble plus un livre technique (rempli de sortil\u00e8ges pouvant \u00eatre mis en pratique) qu&#8217;un livre li\u00e9 aux choix de chemin de l&#8217;exp\u00e9dition (contrairement \u00e0 la Vie d&#8217;un Dieu qui parlait visiblement de l&#8217;Egypte). Eva lut le Peuple du Monolithe, c&#8217;est un recueil de po\u00e9sies sur ce que l&#8217;auteur nomme &#8220;le peuple des enfers&#8221;. Katherine commen\u00e7a les \u00e9normes Manuscrits Pnakotiques. Katherine sentit une difficult\u00e9 reelle \u00e0 arr\u00eater sa lecture, le livre est tr\u00e8s addictif, un ph\u00e9nom\u00e8ne hypnotique. Le livre sous-entend qu&#8217;il est possible de contacter et de dialoguer avec d&#8217;autres cr\u00e9atures venues d&#8217;ailleurs. A ne pas lire seul, donc. Je commen\u00e7ai alors a me dire qu&#8217;il n&#8217;est pas une bonne id\u00e9e de laisser Erica vendre ces livres \u00e0 n&#8217;importe qui et n&#8217;importe comment. Il faut que je v\u00e9rifie si j&#8217;ai les moyens de les acheter, mais sinon il faudra faire un achat commun avaec ma loge de mani\u00e8re \u00e0 ne pas laisser cela tomber aux mains du grand public ou d&#8217;un John Scott.<\/p>\n<p>Lassiter profita de notre studieuse journ\u00e9e pour aller voir Marie Lenoir.<\/p>\n<p><strong>Lundi 19 janvier 1925<\/strong><\/p>\n<p>Lassiter chercha parmi ses contacts s&#8217;il avait un d\u00e9tective sur Harlem. Il en trouva un, un blanc, mais qui connait le quartier, et qui avait parmi ses contact un black travaillant avec lui. Il lui demanda de chercher des infos sur Anastacia M&#8217;weru (la n\u00e9gresse de Carlyle), et de filer Silas N&#8217;kwane.<\/p>\n<p>Eva m&#8217;appela t\u00f4t le matin, d\u00e9cid\u00e9e \u00e0 se rendre \u00e0 la police pour tirer les vers du nez du n\u00e8gre en lui parlant de Silas, et nous nous donn\u00e2mes rendez vous \u00e0 midi chez elle. Lassiter la rejoignit sur place. Le negre a visiblement r\u00e9agi au nom de N&#8217;Kwane. Il leur dit qu&#8217;ils finiront dans la bouche du Chakota. Notablement, il demandera \u00e0 Lassiter, d&#8217;un air compl\u00e8tement rigide, s&#8217;il avait d\u00e9j\u00e0 revendu la gourde, prouvant qu&#8217;il y avait un passage d&#8217;information effectif entre N&#8217;Kwane et lui au sein de la prison&#8230; Et surtout, selon moi, au vu de l&#8217;air rigide, que Silas l&#8217;a probablement poss\u00e9d\u00e9.<\/p>\n<p>Au d\u00e9jeuner chez Eva, nous discut\u00e2mes de quoi faire de Silas et de son homme. Parmi nos suggestions, l&#8217;hypnose, mais il ne semble pas qu&#8217;il puisse \u00eatre r\u00e9ceptif. Nous essay\u00e2mes de trouver des id\u00e9es pour prouver la culpabilit\u00e9 de Silas N&#8217;Kwane aux yeux des autorit\u00e9s.<\/p>\n<p>Je suis pass\u00e9 en coup de vent chez Cowles en d\u00e9but d&#8217;apr\u00e8s midi pour voir s&#8217;il avait entendu parler d&#8217;Errington et de son livre. La r\u00e9ponse fut &#8220;oui&#8221;, et il s&#8217;est d&#8217;ailleurs demand\u00e9 si ce culte \u00e9tait li\u00e9 \u00e0 celui qu&#8217;il \u00e9tudie. Il repartit ensuite sur sa th\u00e9orie du complot international, et des choses \u00e0 ne pas prendre \u00e0 la legere. Il me parla notamment de tribus capables de dialoguer \u00e0 travers leurs r\u00eaves \u00e0 l&#8217;autre bout du monde. Je rejoignit ensuite ma cousine Katherine chez Carlyle (avec une heure de retard, Cowles s&#8217;\u00e9tant montr\u00e9 insistant sur la quantit\u00e9 d&#8217;informations \u00e0 me transmettre) mais elle en avait profit\u00e9 pour se renseigner aupr\u00e8s d&#8217;Erica sur la source originale des livres. La soeur de Carlyle n&#8217;en a aucune id\u00e9e, surtout au vu de leur valeur. Nous continu\u00e2mes alors notre \u00e9tude des livres. Eva se renseigna pendant se temps dans une biblioth\u00e8que sur le Chakota.<\/p>\n<p><strong>Mardi 20 janvier 1925<\/strong><\/p>\n<p>Le matin, chez Eva, lorsque Lassiter nous rapporta avoir trouv\u00e9 un poulet d\u00e9capit\u00e9 clou\u00e9 sur sa porte, j&#8217;aurais d\u00fb me douter que cette journ\u00e9e allait mal se terminer. Il appela la police et fit une d\u00e9position. Du coup, nous all\u00e2mes voir Poole pour l&#8217;aiguiller vers N&#8217;Kwane. Katherine r\u00e9ussit \u00e0 le convaincre de faire une descente en notre compagnie sur la boutique du n\u00e8gre. Le d\u00e9tective priv\u00e9 de Lassiter le recontacta en fin de matin\u00e9e pour lui dire qu&#8217;il l\u00e2chait l&#8217;affaire, que trop de monde \u00e9tait impliqu\u00e9 (30 ou 40 personnes faisant &#8220;des trucs&#8221; la nuit). Il nous dit que ce groupe a main basse sur le quartier et qu&#8217;il r\u00e8gne un genre de loi du silence.<\/p>\n<p>Nous pr\u00e9v\u00eenmes Poole de ces nouvelles informations. Au bout de quelques temps un officier vint nous prevenir que Poole nous attendrait \u00e0 18h au commisariat. Avant d&#8217;y aller, Lassiter nous dit qu&#8217;il s&#8217;est senti observ\u00e9 plusieurs fois dans la journ\u00e9e.<\/p>\n<p>Au commisariat, Poole nous dit qu&#8217;il a rencontr\u00e9 des blocages au niveau de ses sup\u00e9rieurs lorsqu&#8217;il a propos\u00e9 une descente sur un potentiel Speakeasy d&#8217;Harlem (sont ils corrompus ?) du coup il aura peu de soutien et d&#8217;hommes, et il &#8220;ne la sent pas&#8221;. Si seulement nous l&#8217;avions \u00e9cout\u00e9\u2026 Mais d&#8217;un autre c\u00f4t\u00e9, dans ce cas, la menace r\u00e8gnerait toujours sur Harlem, New York, et le monde. Nous tent\u00e2mes de trouver un moyen de contourner le blocage (demander \u00e0 Erica de faire pression sur le chef de la police). Nous expliqu\u00e2mes \u00e0 Poole que nous sentions ces hommes li\u00e9s \u00e0 la mort d&#8217;Elias.Poole nous dit que soit nous pouvions y aller de jour sans gros risque, si ce n&#8217;est celui de rien trouver, soit de nuit avec une \u00e9quipe limit\u00e9e (tri\u00e9e sur le volet pour \u00e9viter toute fuite en cas de corruption effective de ses sup\u00e9rieurs), mais ce serait plus dangereux.<\/p>\n<p>Vu que la &#8220;proie&#8221; \u00e9tait visiblement au courant de nous soup\u00e7ons, nous nous accord\u00e2mes pour y aller le soir en d\u00e9pit du danger. Eva impressionna un Poole initialement dubitatif avec sa collection d&#8217;armes militaires. Poole nous donna rendez vous \u00e0 1h du matin dans un entrep\u00f4t. Eva contacta Corey (le garde du corps de la soeur Carlyle) par telephone pour voir s&#8217;il eut pu d\u00e9p\u00eacher d&#8217;autres renforts pour notre exp\u00e9dition, mais elle raccrocha bredouille. En revanche, Drumond r\u00e9ussit \u00e0 convaincre un camarade v\u00e9t\u00e9ran, Thomas Motley, de nous accompagner.<\/p>\n<p>Nous nous retrouv\u00e2mes \u00e0 1h \u00e0 l&#8217;entrep\u00f4t avec Poole et 3 de ses hommes. Nous f\u00fbmes plusieurs \u00e0 remarquer \u00eatre surveill\u00e9s chez nous mais nous sem\u00e2mes les petits curieux avant d&#8217;aller au rendez-vous.\u00a0Sur place nous v\u00eemes deux hommes faisant le guet de mani\u00e8re discr\u00e8te. Je pr\u00e9vint mes camarades que &#8220;j&#8217;avais pr\u00e9vu quelque chose du genre&#8221; et que j&#8217;allais faire un peu de prestidigitation pour d\u00e9bloquer la situation\u2026 Me rendant un peu \u00e0 l&#8217;\u00e9cart, je me mis \u00e0 psalmodier une formule et de la fum\u00e9e se mit \u00e0 sortir de ma bouche, s&#8217;\u00e9levant, puis disparaissant d&#8217;un coup. Un brouillard dense se leva alors, localis\u00e9 autour des deux guetteurs\u2026 Sans demander leurs reste, les policiers se mirent en action et assomm\u00e8rent les guetteurs. Il \u00e9tait 2h lorsque nous f\u00fbmes pr\u00eats devant la porte de la boutique Juju. Drumond ouvrit la porte\u2026 en faisant sonner le carillon\u2026 Disons pour la post\u00e9rit\u00e9 qu&#8217;il \u00e9tait probablement rong\u00e9 par le stress.<\/p>\n<p>Personne ne vint n\u00e9anmoins r\u00e9pondre au grabuge. De nuit, la boutique \u00e9tait lugubre. Nous avan\u00e7\u00e2mes \u00e0 la lumi\u00e8re de nos lampes-torche. Nous ne trouv\u00e2mes aucune porte mais il y avait une trappe ouverte derri\u00e8re le comptoir. Nous entend\u00eemes des chants africains et des tambours. Une dizaine de tambours. Un escalier de pierre s&#8217;enfon\u00e7ant sous terre, eclair\u00e9 par des torches. Au bout de 6 m\u00e8tres, nous arriv\u00e2mes sur un couloir assez long donnant sur une porte de m\u00e9tal renforc\u00e9e avec des symboles bizarres africains (Eva relia les symboles aux kikouyous) et je reconnus des symboles occultes li\u00e9s au Mal.<\/p>\n<p>En regardant par la serrure nous v\u00eemes une c\u00e9r\u00e9monie en train d&#8217;avoir lieu avec une trentaine de personnes \u00e0 moiti\u00e9 nues avec une coiffe hideuse orn\u00e9e d&#8217;un tentacule (ou d&#8217;une langue ?) sur le front, coordonn\u00e9es par un grand n\u00e8gre v\u00eatu d&#8217;une robe \u00e0 plume et de griffes de lion fix\u00e9es aux mains. Certains des hommes avaient des pranga, mais ils \u00e9taient compl\u00e8tement concentr\u00e9s dans leur rite, nombre d&#8217;entre eux presque en transe. Deux personnes \u00e9taient attach\u00e9es mains li\u00e9es au bord d&#8217;un trou (deux blancs \u00e0 l&#8217;air terroris\u00e9). N&#8217;kwane \u00e9tait aussi pr\u00e9sent au sein de la troupe.<\/p>\n<p>Les policiers ouvrirent la porte en grand et firent retentir un coup de fusil de sommation. L&#8217;assembl\u00e9e se mit \u00e0 hurler, les policiers sommant tout le monde de ne plus bouger. La situation \u00e9tait tr\u00e8s tendue. Le chef ritualiste nous promit alors une mort douloureuse, ordonnant \u00e0 ses hommes de nous amener \u00e0 lui. Avec horreur, nous aper\u00e7\u00fbmes quatre hommes (trois blancs et un n\u00e8gre) avec les intestins pendant, les yeux vitreux, et le m\u00eame symbole qu&#8217;Elias grav\u00e9 sur le front. En d&#8217;autres termes : des zombies. Drummond sembla mal accuser le coup et se mit \u00e0 paniquer. Aucun des n\u00e8gres, en revanche ne sembla choqu\u00e9 de la pr\u00e9sence des non-morts.<\/p>\n<p>Nos balles rest\u00e8rent sans effet sur les zombies. Lassiter tira sur N&#8217;Kwane. Les zombies s&#8217;approch\u00e8rent avec des matraques \u00e0 pointes. L&#8217;un des policiers en frappa un \u00e0 la t\u00e8te et cela sembla nettement ralentir le zombie. Du coup nous nous m\u00eemes tous \u00e0 viser les t\u00eates et ils finirent par tomber. Le chef ordonna \u00e0 son culte de nous charger et les 30 hommes se ru\u00e8rent vers nous. L&#8217;un des policiers s&#8217;\u00e9croula, et Poole nous dit de reculer dans les escaliers. Un autre policier tomba \u00e0 terre, nous abatt\u00eemes de nombreux bellig\u00e9rants mais ils semblaient se moquer de leur vie et continuaient \u00e0 avancer. Un troisi\u00e8me policier tomba. Le dernier. Nous r\u00e9uss\u00eemes \u00e0 sortir, \u00e0 fermer la trappe, et des heurts violents commenc\u00e8rent \u00e0 faire \u00e9cho de l&#8217;autre c\u00f4t\u00e9 de notre barri\u00e8re de fortune.<\/p>\n<p>Poole et Drumond sont all\u00e9s chercher des munitions et des fusils dans la camionette. L&#8217;ami de Drumond amena m\u00eame un b\u00e2ton de dynamite. Mais avant m\u00eame de l&#8217;allumer, la trappe explosa et\u2026 Difficile de pouvoir nommer efficacement la chose qui s&#8217;\u00e9leva entre les d\u00e9bris de la trappe. Une cr\u00e9ature serpentiforme aux ailes noires. Elle ne correspond \u00e0 aucune cr\u00e9ature sur lesquelles j&#8217;ai d\u00e9j\u00e0 fait des recherches, mais il est \u00e9vident que la chose \u00e9tait li\u00e9e au Mythe. L&#8217;ami de Drumond l\u00e2cha la dynamite en proie \u00e0 la panique avant de se faire \u00e9ventrer par la b\u00eate. Drumond jetta la torche dessus pour l&#8217;allumer mais son lancer n&#8217;\u00e9tait pas assez pr\u00e9cis, la torche s&#8217;\u00e9crasa \u00e0 plus d&#8217;un m\u00e8tre du b\u00e2ton de dynamite&#8230; Du coup, sans voir d&#8217;autre option devant nous et sous le coup de l&#8217;adr\u00e9naline, je me mis \u00e0 psalmodier en faisant fi des apparences et de toute discr\u00e9tion. La torche r\u00e9pondit \u00e0 mes ordres et se dirigea d&#8217;elle m\u00eame sur le b\u00e2ton de dynamite. Drumond et moi plonge\u00e2mes alors derri\u00e8re le comptoir, mais les autres ne furent pas assez rapides et furent violemment secou\u00e9s par l&#8217;explosion. Poole, Drumond et moi tir\u00e2mes les trois autres hors de la boutique. Poole appella une ambulance depuis une cabine publique. L&#8217;ambulance embarqua les trois bless\u00e9s grave pendant que nous f\u00eemes le guet a trois devant la boutique en attendant les renforts de police. Ces derniers sont arriv\u00e9s au bout d&#8217;une heure et demie, et rien de vivant, humain ou non, ne sortit des d\u00e9combres de la boutique Juju&#8230;<\/p>\n<p><strong>Mercredi 21 janvier 1925<\/strong><\/p>\n<p>Au petit matin, je me rendit \u00e0 l&#8217;h\u00f4pital pour prendre des nouvelles de mes compagnons. Leurs jours ne sont pas en danger, mais ils auront besoin d&#8217;une longue convalescence. Et je devine que quand ils seront plus en forme, une grande et s\u00e9rieuse discussion nous attends. Il est \u00e9vident que tous ne sont pas pr\u00eat \u00e0 entendre tout ce que j&#8217;ai \u00e0 dire. Mais le sort a fait qu&#8217;\u00e0 ce jour\u2026 il n&#8217;y a plus le choix.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>J&#8217;\u00e9cris ces lignes au chevet de ma cousine, dans une chambre d&#8217;h\u00f4pital. Les \u00e9v\u00e8nements se sont encha\u00een\u00e9s en cascade et il est temps pour moi de mettre mon journal \u00e0 jour. 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