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Tagged With: Bradley Grey

Les sombres ouvrages de Roger Carlyle

Presque quatre heures du matin au moment où j’écris ces lignes, mais le sommeil ne vient pas. Qui aurait pu imaginer que la lettre anodine de mon ami Elias serait le premier engrenage d’une vaste machination vouée à nous emmener, mes amis et moi, au bord de l’abîme ? Qui aurait pu sérieusement se douter que la bibliothèque des Carlyle renfermerait de si sombres secrets, me ramenant aux heures sombres de mon expérience sur le front de la Grande Guerre ? Qui pourrait réussir à dormir dans de telles conditions, et prétendre ne pas avoir l’esprit dérangé de ces révélations ? John Scott peut être ? Mais certainement pas moi.

Samedi 17 janvier 1925, suite

Au repas de midi, Eva nous a conseillé d’aller à la boutique Juju tous ensemble, et de se diviser sur place avec quelqu’un faisant le guet dans la voiture. Lassiter et moi même contrâmes qu’ils ne nous attaqueraient probablement pas en plein jour, même s’ils avaient effectivement quelque chose à se reprocher, mais qu’il pourrait en effet être opportun de voir si notre présence sur place créait des remous extérieurs.  Nous parlâmes aussi des victimes précédentes, Eva semblant convaincue que certaines n’ont rien à voir avec l’affaire et ont été abattues par des dopplegangers, ce qui est en effet possible. Mais quand bien même, quel intérêt ? Pour ma part, je ne cherche pas à être un justicier où à résoudre des crimes vieux de plusieurs années, tout ce qui m’importe est d’honorer mon défunt ami et de comprendre pourquoi il a été assassiné.

Silas N'Kwane, nègre rieur qui en sait plus que ce qu'il n'y parait

Silas N’Kwane, nègre rieur qui en sait plus que ce qu’il n’y parait

Nous reprîmes la voiture de Drumond pour aller à Harlem. Il faisait gris et il neigeait. Il y avait plein de pauvres, en groupes, agglomérés sous des couvertures autour d’un feu de fortune allumé dans un baril. Les appartements et petites maisons de ce quartier sont en état déplorable. Il n’y avait quasiment que des noirs dans la rue et aux fenêtres. La boutique est située sur la 137eme, au niveau de Lennox Avenue. Elle est dans une arrière cour donc nous aurions eu du mal à voir la devanture sans s’y engager. Drumond resta dans la voiture avec Katherine. Il y avait un vent glacial dehors. En cherchant à localiser l’adresse précise (1, Ransom Court) nous arrivâmes sur une petite cour de 6 mètres sur 6. Dans la vitrine, plusieurs objets d’art africain. L’intérieur ressemblait à un bric à brac de bibelots africains, instruments de musiques, objets d’art, animaux empaillés, masques en bois, mais le tout entassé dans 30m2 tout au plus. Un bruit surprenant, grave et prolongé, retentit alors, puis un rire faisant suite à notre prévisible sursaut. Nous vîmes un nègre âgé à lunettes, avec un air sympathique. Au premier coup d’oeil dans sa boutique, apparemment je n’ai rien vu de lié au mythe ou à un quelconque dessein occulte. Je reconnus en revanche l’instrument comme étant un didgeridoo, instrument des aborigènes Australiens. L’homme, Silas N’kwane, nous salua, et Eva lui répondit de but en blanc en Swahili. Le visage du black s’illumina et ils se mirent à papoter. Ils repassèrent en américain au bout d’un petit temps (par regain de politesse, sans doute) et Eva lui demanda alors s’il avait des pranga. Certes, c’est direct, mais dans le cas d’une probable culpabilité, comment mieux lui révéler nos réelles intentions et notre statut de fouille-merde ? Décidément, je ne comprendrai jamais rien à la vision des femmes de la politique, le 19ème amendement est joli sur le principe, mais en pratique, avec un tel raisonnement, s’il se généralise le pays cours à la ruine. Il ne faut pas s’étonner que ce genre de mesure ait été prise sous une présidence Démocrate. Au moins le président actuel parle peu, mais agit intelligemment. Mais je m’éloigne du sujet.

Eva et Lassiter avoueront plus tard avoir vu une lueur étrange dans le regard de N’kwane à ce moment là, mais j’étais pour ma part fasciné par la dentition d’un guépard empaillé. Je cherchais également à trouver quelque chose lié au symbole sur le front des victimes mais je ne trouvais rien de ressemblant. Il y avait quelques petits fétiches vaudous, mais visiblement purement décoratifs. Eva lui parla alors de Jackson Elias. Il esquiva et changea de sujet. J’ai acheté un masque de Witch Doctor avec des plumes pour utiliser dans un spectacle, après avoir demande conseil a Eva pour le prix, tout dans la boutique de N’kwane étant à la tête du client et l’humeur du vendeur. Nous nous accordâmes sur 50 dollars. Lassiter négocia quant à lui pour une petite gourde, visiblement en vue d’ouvrir une revente en gros a l’un de ses contacts.

Nous retournâmes à la voiture et nous la poussâmes un peu pour qu’elle redémarre, grippée par le froid, en vue d’un retour vers la partie civilisée de New York. Lassiter et Eva sont convaincus qu’il est lié a toute cette affaire et pire encore : qu’il nous a reconnu (en même temps, à parler d’Elias et de pranga, la seule manière de ne pas nous reconnaitre eut été d’être totalement innocent). Le vieux nègre avait une clef assez inhabituelle et ouvragée autour du cou. Soit c’est un symbole, soit c’est pour ouvrir quelque chose de précis, mais je n’ai pas vu de coffre apparent dans le petit magasin. Peut être un coffre dans l’arrière boutique ? Ou la clef de la réserve ? De toutes façons, à moins de l’assommer et de lui voler son bien, nous ne saurons probablement jamais à quelle serrure elle est liée, ni même si cela a un quelconque rapport avec notre affaire.

Il est 16h lorsque nous arrivâmes au centre, et vu que le gala était prévu pour 18h il était temps de se preparer, tant pis pour Cowles (et pour Eva qui voulait retourner au poste ).

Cette fois nous utilisâmes la voiture d’Eva pour se rendre au gala, cela fit sans doute meilleur genre que le tacot rafistolé de Drumon. Nous arrivâmes à la residence des Carlyle, dans le Westchester. Tout était illumné, il y avait même deux gardes armés, des chiens de garde et des vigiles, la sécurité était très présente. Nous entrâmes dans un hall, spendeur et excès. Lustres, tableaux, oeuvres d’art. Le gotha de New York était present (police, politique, hopitaux, et même le père de Katherine). Drumond et Lassiter faisaient un peu comme un cheveu sur la soupe. Un général, en revanche, reconnut Lassiter et vint le saluer.

Erica Carlyle était toujours accompagnée de deux hommes, l’un de grosse carrure laissant suggérer un garde du corps, portant un colt visible dans un holster, le second plus âgé, armé uniquement d’un porte-documents. Katherine et moi reconnûmes Bradley Grey, cousin distant, associé d’un cabinet d’avocat (Dustan, Whittleby & Grey). J’apprendrai plus tard que le garde du corps se nomme Joe Corey, ancien homme de main d’un caïd de la pègre. Nous nous fîmes prendre en photo en mettant l’enveloppe de notre don dans la tirelire vouée aux oeuvres de charité.

Dans son discours d’introduction, il était clair qu’Erica à la carure du poste qu’elle occupe, c’est un leader né qui pourrait bouger des montagnes en dépit de son sexe. Victoria s’approcha d’Eva, nous les rejoignîmes et elle nous présenta. Nous discutâmes, et elle nous dit qu’Erica aurait sans doute plus de temps pour nous en fin de soirée une fois que tous les discours et présentations seraient passés. C’est en fin de soiree que Victoria est allé la chercher en lui glissant quelques mots en privé. Erica sembla d’abord agacée de ces mots, puis elle nous chercha des yeux pour nous jauger.

Erica Carlyle, charismatique et efficace

Erica Carlyle, charismatique et efficace

À peu près une heure plus tard (le gala a levé $832,463) Bradley Grey s’approcha de nous et nous signala qu’Erica était prête à nous recevoir. Nous le suivîmes, dans un escalier et dans une ancienne bibliotheque victorienne au mobilier splendide avec une cheminée (dans une bibliothèque ? hérésie !) et une table de billard. Erica était en train de terminer d’écrire quelque chose sur son secrétaire. Avec Corey à proximité,  en train de savourer un cigare. Nous lui exposâmes les faits, mes mots semblant la toucher, elle se retourna vers un coffre et sortit une bouteille de bourbon, se servant un verre et nous en proposant. Nous nous assîmes tous. Elle congédia Bradley en lui demandant d’annuler ses autres entretiens, et demanda a Corey de sortir veiller à ce que nous ne soyons pas derangés. Elle nous dit qu’elle etait convaincue que l’expédition n’était pas une lubie de son frere, qu’il etait fasciné par quelque chose, et par une négresse nommée M’weru. Il n’avait d’yeux que pour elle. Pour Eva, c’est la source de tous les maux, il a commencé a faire des rêves et des cauchemars quand elle est entrée dans sa vie.

Elle pense qu’Hudson a poussé Carlyle à monter l’expedition pour poursuivre ses chimères et prouver qu’elles n’avaient pas de fondement, mais que le véritable cerveau etait la négresse. Carlyle allait même jusqu’à Harlem. Il l’appelait reine, prêtresse. Elle nous dit qu’en effet avant son depart Roger lisait toujours les memes livres. Elle les a toujours dans sa bibliothèque. Nous avons visiblement éveillé sa curiosité. Elle se rendit au fond de la bibliothèque, révéla une cache secrète derriere un pan de mur dissimulant un énorme coffre. Elle en tira quatre ouvrages, trois tomes et un calepin de notes en cuir. Le premier est spendide avec une magnifique couverture, il semble presque souffler et soupirer quand on l’ouvre. C’est une traduction anglaise des manuscripts Pnakotiques. Je connais ce livre qui a une histoire extraordinaire, et je le considère très dangereux, mis a l’écart de la population pour une bonne raison. Moi et mes frères oeuvrons pour garder ce genre de livres loin des esprits faibles… ou des déments comme Scott. Ce sont des fragments de textes des “Fragments Pnakotiques”, ils compilent des mythes et légendes de l’époque pré-humaine. Des caractères contenus dans ce livre ont été retrouvés ça et là de par le monde. On les lie à Lomar, la cité des premiers humains ayant reçu leurs secrets des Grands Êtres Ailés invertébrés venus à leur aide. Ce livre nécessiterait des semaines de travail pour en percer les secrets. Il y a seulement cinq exemplaires au monde, ce livre a une valeur inestimable. Il y a un exemplaire à l’université Miskatonic.

Le second ouvrage était un ensemble de passages choisis du livre d’Ivon. Plus connu sous le nom de livre d’Eibon, mal traduit en français. Il existe 13 exemplaires complets d’époque, mais là ce sont juste des morceaux choisis. C’est l’alchimiste et mage noir Gaspard Du Nord qui les a traduit en français. De nouveau, valeur inestimable. En touchant le livre, j’ai eu un flash d’images d’une ancienne civilisation. Comme si j’avais été projeté dans le passé. Je l’ai immédiatement relâché, comprenant le terme “dangereux” vis a vis de mes connaissances théoriques de ce livre.  Une personne non préparée pourrait devenir folle.

Le troisième était un ouvrage anglais, “la vie d’un dieu”, debut XIXeme, Montgomery Crompton, rien d’aussi impressionnant à vue d’oeil mais sur le chemin du retour Katherine mentionna qu’elle avait remarqué que le cuir était en peau humaine. Quelle horreur.

Le dernier était “le peuple du monolithe”, en anglais. Le cuir était également particulièrement bizarre. Il avait l’air assez dense et mal aéré, difficile à lire.

Un certain malaise se dégageait des livres, atteignant la piece et l’ambiance. Je prévint Erica de la valeur de ce qu’elle avait entre les mains, et du danger pour sa vie et celle de ses proches si la possession de ce savoir venait à s’ébruiter. Elle s’arrangea pour que nous ayons accès aux livres chez elle pour les étudier et nous aider à comprendre ce qui était réellement arrivé à son frère, mais sur mon conseil, elle n’expliquera pas exactement pourquoi à ses gens, leur expliquant juste de nous laisser venir, et  nous donnant la combinaison du coffre. J’ai également remarqué que Katherine semblait étrangement craintive et pleine de precautions, avant meme que j’explique que ces livres étaient dangereux. Je devrais aborder ce sujet avec elle, instinct ou savoir, je suis agréablement surpris.

Nous prîmes rapidement congé après avoir signé un contrat très carré avec Grey couvrant notre accès aux livres et à la bibliothèque Carlyle. Seul dans ma chambre d’hôtel, les évènements de ces derniers jours me rongent et me rappellent les évènements déplaisants du front. Mais j’ai en moi le sang de l’un des plus grands hommes que cette nation ait jamais porté, et je dois m’en montrer digne en protégeant le peuple américain des horreurs tapies derrière le voile que ces livres permet d’observer. Quel qu’en soit le coût pour ma propre personne, je ne peux tourner le dos à ce savoir interdit juste parce que j’en connais les risque. Justement, parce que j’en connais les risques. Le monde n’est pas prêt. Et mes compagnons ? Une partie de moi se sent coupable de les voir entrainé dans le sillon de concepts qui visiblement les dépassent, mais je ne peux pas me battre seul contre le reste du monde. DES mondes……

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Bradley Grey

Bradley Grey

Portrait de Bradley Grey

Conseiller (1884 – )

Mr Grey est l’homme de confiance d’Erica Carlyle. C’est un des associés du cabinet d’avocat-conseils Dustan, Whittleby & Grey (New-York, 57ème rue). C’est également un cousin de Katerine Gray, même si l’orthographe du nom n’est pas la même.

Les 41 ans de cet homme longiligne et distingué n’apparaissent que sur les traces poivre & sel de sa chevelure brune, toujours lustrée. Ses complets sont bien coupés et sombres, travail des tailleurs d’Erica. Son menton qui s’avance un peu lui donne un air peu commode, l’aidant sans le vouloir dans son travail. Son nom apparaît fréquemment dans tous les articles de presse qui traitent de la prise de pouvoir d’Erica sur les entreprises Carlyle.

 

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