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La créature de Silas N’Kwane

J’écris ces lignes au chevet de ma cousine, dans une chambre d’hôpital. Les évènements se sont enchaînés en cascade et il est temps pour moi de mettre mon journal à jour. Ce début de semaine aura été rude pour tout notre petit groupe, mais je pense surtout aux autres, qui ont été sans doute pour la première fois face à une preuve tangible, indéniable, et terriblement dangereuse des terreurs tapies dans l’ombre de l’histoire de l’humanité. J’espère que leurs esprits seront assez solides pour tenir… Mais prenons les choses dans le bon ordre.

Dimanche 18 janvier 1925

Nous nous retrouvâmes tous à 10h pour l’enterrement d’Elias. Un office laïc mais très émouvant, financé par Prospero Press. Kensington avait visiblement une relation forte avec Elias car il y a beaucoup de moyens mis en oeuvre. Étonnamment beaucoup de gens du gotha de New York se trouvent dans l’assistance (le chef de la police, divers journaux…).

La foule se dissipa à la fin de la cérémonie. Kensington se dirigea vers Drumond et nous. Il nous reparla de sa proposition de poursuivre l’enquête d’Elias. Je lui demandai s’il cherche à savoir le fin mot pour lui même ou pour avoir une histoire à vendre. Il m’assura que ce n’était en aucun cas voué à être publié. Il a lui même lu les écrits d’Elias qu’il nous a fourni, et confirma qu’il en fallait beaucoup pour secouer Elias, ce qui a piqué son intérêt et sa méfiance à la fois.

Pour Kensington, l’expérience a prouvé qu’Elias ne se trompait jamais, et il veut comprendre, et éventuellement combattre une machination si cette piste s’avérait vraie, et transmettre ensuite l’affaire aux autorités compétentes… s’il y en a. Nous acceptâmes de travailler pour lui. Dans le cas d’un départ à l’étranger pour suivre les pistes d’Elias, il nous dit qu’à London il connait quelqu’un à Scotland Yard et quelqu’un au Scoop (journal local). Il prit ensuite congé.

Nous discutâmes des suites a donner à la piste N’Kwane. Se planquer et le suivre a la sortie le lendemain ? Drumond suggéra meme de s’introduire “par inadvertance” dans sa boutique. Nous eûmes du mal à s’accorder sur la meilleure démarche à suivre. Le dimanche, quand la boutique est fermée ? De nuit ? Le lendemain lundi à la fermeture, voir où il va ?

Dans le doute nous ne fîmes rien de la journée mais nous allâmes etudier les livres chez Carlyle. Drumond lut LaVie d’un Dieu (parlant d’abominations commises au nom du “pharaon noir”, Nyalathothep, ayant un temple en Egypte dans la pyramide inclinée de Dashur). Je commençai le livre d’Ivon. C’est illustré avec une image mi-salamandre mi-serpent mais dressé avec deux bras, c’est assez surprenant. Je suis convaincu que l’illustration a bougé et m’a regardé. Le livre fait référence à la magie du sorcier Eibon. Ça me semble plus un livre technique (rempli de sortilèges pouvant être mis en pratique) qu’un livre lié aux choix de chemin de l’expédition (contrairement à la Vie d’un Dieu qui parlait visiblement de l’Egypte). Eva lut le Peuple du Monolithe, c’est un recueil de poésies sur ce que l’auteur nomme “le peuple des enfers”. Katherine commença les énormes Manuscrits Pnakotiques. Katherine sentit une difficulté reelle à arrêter sa lecture, le livre est très addictif, un phénomène hypnotique. Le livre sous-entend qu’il est possible de contacter et de dialoguer avec d’autres créatures venues d’ailleurs. A ne pas lire seul, donc. Je commençai alors a me dire qu’il n’est pas une bonne idée de laisser Erica vendre ces livres à n’importe qui et n’importe comment. Il faut que je vérifie si j’ai les moyens de les acheter, mais sinon il faudra faire un achat commun avaec ma loge de manière à ne pas laisser cela tomber aux mains du grand public ou d’un John Scott.

Lassiter profita de notre studieuse journée pour aller voir Marie Lenoir.

Lundi 19 janvier 1925

Lassiter chercha parmi ses contacts s’il avait un détective sur Harlem. Il en trouva un, un blanc, mais qui connait le quartier, et qui avait parmi ses contact un black travaillant avec lui. Il lui demanda de chercher des infos sur Anastacia M’weru (la négresse de Carlyle), et de filer Silas N’kwane.

Eva m’appela tôt le matin, décidée à se rendre à la police pour tirer les vers du nez du nègre en lui parlant de Silas, et nous nous donnâmes rendez vous à midi chez elle. Lassiter la rejoignit sur place. Le negre a visiblement réagi au nom de N’Kwane. Il leur dit qu’ils finiront dans la bouche du Chakota. Notablement, il demandera à Lassiter, d’un air complètement rigide, s’il avait déjà revendu la gourde, prouvant qu’il y avait un passage d’information effectif entre N’Kwane et lui au sein de la prison… Et surtout, selon moi, au vu de l’air rigide, que Silas l’a probablement possédé.

Au déjeuner chez Eva, nous discutâmes de quoi faire de Silas et de son homme. Parmi nos suggestions, l’hypnose, mais il ne semble pas qu’il puisse être réceptif. Nous essayâmes de trouver des idées pour prouver la culpabilité de Silas N’Kwane aux yeux des autorités.

Je suis passé en coup de vent chez Cowles en début d’après midi pour voir s’il avait entendu parler d’Errington et de son livre. La réponse fut “oui”, et il s’est d’ailleurs demandé si ce culte était lié à celui qu’il étudie. Il repartit ensuite sur sa théorie du complot international, et des choses à ne pas prendre à la legere. Il me parla notamment de tribus capables de dialoguer à travers leurs rêves à l’autre bout du monde. Je rejoignit ensuite ma cousine Katherine chez Carlyle (avec une heure de retard, Cowles s’étant montré insistant sur la quantité d’informations à me transmettre) mais elle en avait profité pour se renseigner auprès d’Erica sur la source originale des livres. La soeur de Carlyle n’en a aucune idée, surtout au vu de leur valeur. Nous continuâmes alors notre étude des livres. Eva se renseigna pendant se temps dans une bibliothèque sur le Chakota.

Mardi 20 janvier 1925

Le matin, chez Eva, lorsque Lassiter nous rapporta avoir trouvé un poulet décapité cloué sur sa porte, j’aurais dû me douter que cette journée allait mal se terminer. Il appela la police et fit une déposition. Du coup, nous allâmes voir Poole pour l’aiguiller vers N’Kwane. Katherine réussit à le convaincre de faire une descente en notre compagnie sur la boutique du nègre. Le détective privé de Lassiter le recontacta en fin de matinée pour lui dire qu’il lâchait l’affaire, que trop de monde était impliqué (30 ou 40 personnes faisant “des trucs” la nuit). Il nous dit que ce groupe a main basse sur le quartier et qu’il règne un genre de loi du silence.

Nous prévînmes Poole de ces nouvelles informations. Au bout de quelques temps un officier vint nous prevenir que Poole nous attendrait à 18h au commisariat. Avant d’y aller, Lassiter nous dit qu’il s’est senti observé plusieurs fois dans la journée.

Au commisariat, Poole nous dit qu’il a rencontré des blocages au niveau de ses supérieurs lorsqu’il a proposé une descente sur un potentiel Speakeasy d’Harlem (sont ils corrompus ?) du coup il aura peu de soutien et d’hommes, et il “ne la sent pas”. Si seulement nous l’avions écouté… Mais d’un autre côté, dans ce cas, la menace règnerait toujours sur Harlem, New York, et le monde. Nous tentâmes de trouver un moyen de contourner le blocage (demander à Erica de faire pression sur le chef de la police). Nous expliquâmes à Poole que nous sentions ces hommes liés à la mort d’Elias.Poole nous dit que soit nous pouvions y aller de jour sans gros risque, si ce n’est celui de rien trouver, soit de nuit avec une équipe limitée (triée sur le volet pour éviter toute fuite en cas de corruption effective de ses supérieurs), mais ce serait plus dangereux.

Vu que la “proie” était visiblement au courant de nous soupçons, nous nous accordâmes pour y aller le soir en dépit du danger. Eva impressionna un Poole initialement dubitatif avec sa collection d’armes militaires. Poole nous donna rendez vous à 1h du matin dans un entrepôt. Eva contacta Corey (le garde du corps de la soeur Carlyle) par telephone pour voir s’il eut pu dépêcher d’autres renforts pour notre expédition, mais elle raccrocha bredouille. En revanche, Drumond réussit à convaincre un camarade vétéran, Thomas Motley, de nous accompagner.

Nous nous retrouvâmes à 1h à l’entrepôt avec Poole et 3 de ses hommes. Nous fûmes plusieurs à remarquer être surveillés chez nous mais nous semâmes les petits curieux avant d’aller au rendez-vous. Sur place nous vîmes deux hommes faisant le guet de manière discrète. Je prévint mes camarades que “j’avais prévu quelque chose du genre” et que j’allais faire un peu de prestidigitation pour débloquer la situation… Me rendant un peu à l’écart, je me mis à psalmodier une formule et de la fumée se mit à sortir de ma bouche, s’élevant, puis disparaissant d’un coup. Un brouillard dense se leva alors, localisé autour des deux guetteurs… Sans demander leurs reste, les policiers se mirent en action et assommèrent les guetteurs. Il était 2h lorsque nous fûmes prêts devant la porte de la boutique Juju. Drumond ouvrit la porte… en faisant sonner le carillon… Disons pour la postérité qu’il était probablement rongé par le stress.

Personne ne vint néanmoins répondre au grabuge. De nuit, la boutique était lugubre. Nous avançâmes à la lumière de nos lampes-torche. Nous ne trouvâmes aucune porte mais il y avait une trappe ouverte derrière le comptoir. Nous entendîmes des chants africains et des tambours. Une dizaine de tambours. Un escalier de pierre s’enfonçant sous terre, eclairé par des torches. Au bout de 6 mètres, nous arrivâmes sur un couloir assez long donnant sur une porte de métal renforcée avec des symboles bizarres africains (Eva relia les symboles aux kikouyous) et je reconnus des symboles occultes liés au Mal.

En regardant par la serrure nous vîmes une cérémonie en train d’avoir lieu avec une trentaine de personnes à moitié nues avec une coiffe hideuse ornée d’un tentacule (ou d’une langue ?) sur le front, coordonnées par un grand nègre vêtu d’une robe à plume et de griffes de lion fixées aux mains. Certains des hommes avaient des pranga, mais ils étaient complètement concentrés dans leur rite, nombre d’entre eux presque en transe. Deux personnes étaient attachées mains liées au bord d’un trou (deux blancs à l’air terrorisé). N’kwane était aussi présent au sein de la troupe.

Les policiers ouvrirent la porte en grand et firent retentir un coup de fusil de sommation. L’assemblée se mit à hurler, les policiers sommant tout le monde de ne plus bouger. La situation était très tendue. Le chef ritualiste nous promit alors une mort douloureuse, ordonnant à ses hommes de nous amener à lui. Avec horreur, nous aperçûmes quatre hommes (trois blancs et un nègre) avec les intestins pendant, les yeux vitreux, et le même symbole qu’Elias gravé sur le front. En d’autres termes : des zombies. Drummond sembla mal accuser le coup et se mit à paniquer. Aucun des nègres, en revanche ne sembla choqué de la présence des non-morts.

Nos balles restèrent sans effet sur les zombies. Lassiter tira sur N’Kwane. Les zombies s’approchèrent avec des matraques à pointes. L’un des policiers en frappa un à la tète et cela sembla nettement ralentir le zombie. Du coup nous nous mîmes tous à viser les têtes et ils finirent par tomber. Le chef ordonna à son culte de nous charger et les 30 hommes se ruèrent vers nous. L’un des policiers s’écroula, et Poole nous dit de reculer dans les escaliers. Un autre policier tomba à terre, nous abattîmes de nombreux belligérants mais ils semblaient se moquer de leur vie et continuaient à avancer. Un troisième policier tomba. Le dernier. Nous réussîmes à sortir, à fermer la trappe, et des heurts violents commencèrent à faire écho de l’autre côté de notre barrière de fortune.

Poole et Drumond sont allés chercher des munitions et des fusils dans la camionette. L’ami de Drumond amena même un bâton de dynamite. Mais avant même de l’allumer, la trappe explosa et… Difficile de pouvoir nommer efficacement la chose qui s’éleva entre les débris de la trappe. Une créature serpentiforme aux ailes noires. Elle ne correspond à aucune créature sur lesquelles j’ai déjà fait des recherches, mais il est évident que la chose était liée au Mythe. L’ami de Drumond lâcha la dynamite en proie à la panique avant de se faire éventrer par la bête. Drumond jetta la torche dessus pour l’allumer mais son lancer n’était pas assez précis, la torche s’écrasa à plus d’un mètre du bâton de dynamite… Du coup, sans voir d’autre option devant nous et sous le coup de l’adrénaline, je me mis à psalmodier en faisant fi des apparences et de toute discrétion. La torche répondit à mes ordres et se dirigea d’elle même sur le bâton de dynamite. Drumond et moi plongeâmes alors derrière le comptoir, mais les autres ne furent pas assez rapides et furent violemment secoués par l’explosion. Poole, Drumond et moi tirâmes les trois autres hors de la boutique. Poole appella une ambulance depuis une cabine publique. L’ambulance embarqua les trois blessés grave pendant que nous fîmes le guet a trois devant la boutique en attendant les renforts de police. Ces derniers sont arrivés au bout d’une heure et demie, et rien de vivant, humain ou non, ne sortit des décombres de la boutique Juju…

Mercredi 21 janvier 1925

Au petit matin, je me rendit à l’hôpital pour prendre des nouvelles de mes compagnons. Leurs jours ne sont pas en danger, mais ils auront besoin d’une longue convalescence. Et je devine que quand ils seront plus en forme, une grande et sérieuse discussion nous attends. Il est évident que tous ne sont pas prêt à entendre tout ce que j’ai à dire. Mais le sort a fait qu’à ce jour… il n’y a plus le choix.…

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Les sombres ouvrages de Roger Carlyle

Presque quatre heures du matin au moment où j’écris ces lignes, mais le sommeil ne vient pas. Qui aurait pu imaginer que la lettre anodine de mon ami Elias serait le premier engrenage d’une vaste machination vouée à nous emmener, mes amis et moi, au bord de l’abîme ? Qui aurait pu sérieusement se douter que la bibliothèque des Carlyle renfermerait de si sombres secrets, me ramenant aux heures sombres de mon expérience sur le front de la Grande Guerre ? Qui pourrait réussir à dormir dans de telles conditions, et prétendre ne pas avoir l’esprit dérangé de ces révélations ? John Scott peut être ? Mais certainement pas moi.

Samedi 17 janvier 1925, suite

Au repas de midi, Eva nous a conseillé d’aller à la boutique Juju tous ensemble, et de se diviser sur place avec quelqu’un faisant le guet dans la voiture. Lassiter et moi même contrâmes qu’ils ne nous attaqueraient probablement pas en plein jour, même s’ils avaient effectivement quelque chose à se reprocher, mais qu’il pourrait en effet être opportun de voir si notre présence sur place créait des remous extérieurs.  Nous parlâmes aussi des victimes précédentes, Eva semblant convaincue que certaines n’ont rien à voir avec l’affaire et ont été abattues par des dopplegangers, ce qui est en effet possible. Mais quand bien même, quel intérêt ? Pour ma part, je ne cherche pas à être un justicier où à résoudre des crimes vieux de plusieurs années, tout ce qui m’importe est d’honorer mon défunt ami et de comprendre pourquoi il a été assassiné.

Silas N'Kwane, nègre rieur qui en sait plus que ce qu'il n'y parait

Silas N’Kwane, nègre rieur qui en sait plus que ce qu’il n’y parait

Nous reprîmes la voiture de Drumond pour aller à Harlem. Il faisait gris et il neigeait. Il y avait plein de pauvres, en groupes, agglomérés sous des couvertures autour d’un feu de fortune allumé dans un baril. Les appartements et petites maisons de ce quartier sont en état déplorable. Il n’y avait quasiment que des noirs dans la rue et aux fenêtres. La boutique est située sur la 137eme, au niveau de Lennox Avenue. Elle est dans une arrière cour donc nous aurions eu du mal à voir la devanture sans s’y engager. Drumond resta dans la voiture avec Katherine. Il y avait un vent glacial dehors. En cherchant à localiser l’adresse précise (1, Ransom Court) nous arrivâmes sur une petite cour de 6 mètres sur 6. Dans la vitrine, plusieurs objets d’art africain. L’intérieur ressemblait à un bric à brac de bibelots africains, instruments de musiques, objets d’art, animaux empaillés, masques en bois, mais le tout entassé dans 30m2 tout au plus. Un bruit surprenant, grave et prolongé, retentit alors, puis un rire faisant suite à notre prévisible sursaut. Nous vîmes un nègre âgé à lunettes, avec un air sympathique. Au premier coup d’oeil dans sa boutique, apparemment je n’ai rien vu de lié au mythe ou à un quelconque dessein occulte. Je reconnus en revanche l’instrument comme étant un didgeridoo, instrument des aborigènes Australiens. L’homme, Silas N’kwane, nous salua, et Eva lui répondit de but en blanc en Swahili. Le visage du black s’illumina et ils se mirent à papoter. Ils repassèrent en américain au bout d’un petit temps (par regain de politesse, sans doute) et Eva lui demanda alors s’il avait des pranga. Certes, c’est direct, mais dans le cas d’une probable culpabilité, comment mieux lui révéler nos réelles intentions et notre statut de fouille-merde ? Décidément, je ne comprendrai jamais rien à la vision des femmes de la politique, le 19ème amendement est joli sur le principe, mais en pratique, avec un tel raisonnement, s’il se généralise le pays cours à la ruine. Il ne faut pas s’étonner que ce genre de mesure ait été prise sous une présidence Démocrate. Au moins le président actuel parle peu, mais agit intelligemment. Mais je m’éloigne du sujet.

Eva et Lassiter avoueront plus tard avoir vu une lueur étrange dans le regard de N’kwane à ce moment là, mais j’étais pour ma part fasciné par la dentition d’un guépard empaillé. Je cherchais également à trouver quelque chose lié au symbole sur le front des victimes mais je ne trouvais rien de ressemblant. Il y avait quelques petits fétiches vaudous, mais visiblement purement décoratifs. Eva lui parla alors de Jackson Elias. Il esquiva et changea de sujet. J’ai acheté un masque de Witch Doctor avec des plumes pour utiliser dans un spectacle, après avoir demande conseil a Eva pour le prix, tout dans la boutique de N’kwane étant à la tête du client et l’humeur du vendeur. Nous nous accordâmes sur 50 dollars. Lassiter négocia quant à lui pour une petite gourde, visiblement en vue d’ouvrir une revente en gros a l’un de ses contacts.

Nous retournâmes à la voiture et nous la poussâmes un peu pour qu’elle redémarre, grippée par le froid, en vue d’un retour vers la partie civilisée de New York. Lassiter et Eva sont convaincus qu’il est lié a toute cette affaire et pire encore : qu’il nous a reconnu (en même temps, à parler d’Elias et de pranga, la seule manière de ne pas nous reconnaitre eut été d’être totalement innocent). Le vieux nègre avait une clef assez inhabituelle et ouvragée autour du cou. Soit c’est un symbole, soit c’est pour ouvrir quelque chose de précis, mais je n’ai pas vu de coffre apparent dans le petit magasin. Peut être un coffre dans l’arrière boutique ? Ou la clef de la réserve ? De toutes façons, à moins de l’assommer et de lui voler son bien, nous ne saurons probablement jamais à quelle serrure elle est liée, ni même si cela a un quelconque rapport avec notre affaire.

Il est 16h lorsque nous arrivâmes au centre, et vu que le gala était prévu pour 18h il était temps de se preparer, tant pis pour Cowles (et pour Eva qui voulait retourner au poste ).

Cette fois nous utilisâmes la voiture d’Eva pour se rendre au gala, cela fit sans doute meilleur genre que le tacot rafistolé de Drumon. Nous arrivâmes à la residence des Carlyle, dans le Westchester. Tout était illumné, il y avait même deux gardes armés, des chiens de garde et des vigiles, la sécurité était très présente. Nous entrâmes dans un hall, spendeur et excès. Lustres, tableaux, oeuvres d’art. Le gotha de New York était present (police, politique, hopitaux, et même le père de Katherine). Drumond et Lassiter faisaient un peu comme un cheveu sur la soupe. Un général, en revanche, reconnut Lassiter et vint le saluer.

Erica Carlyle était toujours accompagnée de deux hommes, l’un de grosse carrure laissant suggérer un garde du corps, portant un colt visible dans un holster, le second plus âgé, armé uniquement d’un porte-documents. Katherine et moi reconnûmes Bradley Grey, cousin distant, associé d’un cabinet d’avocat (Dustan, Whittleby & Grey). J’apprendrai plus tard que le garde du corps se nomme Joe Corey, ancien homme de main d’un caïd de la pègre. Nous nous fîmes prendre en photo en mettant l’enveloppe de notre don dans la tirelire vouée aux oeuvres de charité.

Dans son discours d’introduction, il était clair qu’Erica à la carure du poste qu’elle occupe, c’est un leader né qui pourrait bouger des montagnes en dépit de son sexe. Victoria s’approcha d’Eva, nous les rejoignîmes et elle nous présenta. Nous discutâmes, et elle nous dit qu’Erica aurait sans doute plus de temps pour nous en fin de soirée une fois que tous les discours et présentations seraient passés. C’est en fin de soiree que Victoria est allé la chercher en lui glissant quelques mots en privé. Erica sembla d’abord agacée de ces mots, puis elle nous chercha des yeux pour nous jauger.

Erica Carlyle, charismatique et efficace

Erica Carlyle, charismatique et efficace

À peu près une heure plus tard (le gala a levé $832,463) Bradley Grey s’approcha de nous et nous signala qu’Erica était prête à nous recevoir. Nous le suivîmes, dans un escalier et dans une ancienne bibliotheque victorienne au mobilier splendide avec une cheminée (dans une bibliothèque ? hérésie !) et une table de billard. Erica était en train de terminer d’écrire quelque chose sur son secrétaire. Avec Corey à proximité,  en train de savourer un cigare. Nous lui exposâmes les faits, mes mots semblant la toucher, elle se retourna vers un coffre et sortit une bouteille de bourbon, se servant un verre et nous en proposant. Nous nous assîmes tous. Elle congédia Bradley en lui demandant d’annuler ses autres entretiens, et demanda a Corey de sortir veiller à ce que nous ne soyons pas derangés. Elle nous dit qu’elle etait convaincue que l’expédition n’était pas une lubie de son frere, qu’il etait fasciné par quelque chose, et par une négresse nommée M’weru. Il n’avait d’yeux que pour elle. Pour Eva, c’est la source de tous les maux, il a commencé a faire des rêves et des cauchemars quand elle est entrée dans sa vie.

Elle pense qu’Hudson a poussé Carlyle à monter l’expedition pour poursuivre ses chimères et prouver qu’elles n’avaient pas de fondement, mais que le véritable cerveau etait la négresse. Carlyle allait même jusqu’à Harlem. Il l’appelait reine, prêtresse. Elle nous dit qu’en effet avant son depart Roger lisait toujours les memes livres. Elle les a toujours dans sa bibliothèque. Nous avons visiblement éveillé sa curiosité. Elle se rendit au fond de la bibliothèque, révéla une cache secrète derriere un pan de mur dissimulant un énorme coffre. Elle en tira quatre ouvrages, trois tomes et un calepin de notes en cuir. Le premier est spendide avec une magnifique couverture, il semble presque souffler et soupirer quand on l’ouvre. C’est une traduction anglaise des manuscripts Pnakotiques. Je connais ce livre qui a une histoire extraordinaire, et je le considère très dangereux, mis a l’écart de la population pour une bonne raison. Moi et mes frères oeuvrons pour garder ce genre de livres loin des esprits faibles… ou des déments comme Scott. Ce sont des fragments de textes des “Fragments Pnakotiques”, ils compilent des mythes et légendes de l’époque pré-humaine. Des caractères contenus dans ce livre ont été retrouvés ça et là de par le monde. On les lie à Lomar, la cité des premiers humains ayant reçu leurs secrets des Grands Êtres Ailés invertébrés venus à leur aide. Ce livre nécessiterait des semaines de travail pour en percer les secrets. Il y a seulement cinq exemplaires au monde, ce livre a une valeur inestimable. Il y a un exemplaire à l’université Miskatonic.

Le second ouvrage était un ensemble de passages choisis du livre d’Ivon. Plus connu sous le nom de livre d’Eibon, mal traduit en français. Il existe 13 exemplaires complets d’époque, mais là ce sont juste des morceaux choisis. C’est l’alchimiste et mage noir Gaspard Du Nord qui les a traduit en français. De nouveau, valeur inestimable. En touchant le livre, j’ai eu un flash d’images d’une ancienne civilisation. Comme si j’avais été projeté dans le passé. Je l’ai immédiatement relâché, comprenant le terme “dangereux” vis a vis de mes connaissances théoriques de ce livre.  Une personne non préparée pourrait devenir folle.

Le troisième était un ouvrage anglais, “la vie d’un dieu”, debut XIXeme, Montgomery Crompton, rien d’aussi impressionnant à vue d’oeil mais sur le chemin du retour Katherine mentionna qu’elle avait remarqué que le cuir était en peau humaine. Quelle horreur.

Le dernier était “le peuple du monolithe”, en anglais. Le cuir était également particulièrement bizarre. Il avait l’air assez dense et mal aéré, difficile à lire.

Un certain malaise se dégageait des livres, atteignant la piece et l’ambiance. Je prévint Erica de la valeur de ce qu’elle avait entre les mains, et du danger pour sa vie et celle de ses proches si la possession de ce savoir venait à s’ébruiter. Elle s’arrangea pour que nous ayons accès aux livres chez elle pour les étudier et nous aider à comprendre ce qui était réellement arrivé à son frère, mais sur mon conseil, elle n’expliquera pas exactement pourquoi à ses gens, leur expliquant juste de nous laisser venir, et  nous donnant la combinaison du coffre. J’ai également remarqué que Katherine semblait étrangement craintive et pleine de precautions, avant meme que j’explique que ces livres étaient dangereux. Je devrais aborder ce sujet avec elle, instinct ou savoir, je suis agréablement surpris.

Nous prîmes rapidement congé après avoir signé un contrat très carré avec Grey couvrant notre accès aux livres et à la bibliothèque Carlyle. Seul dans ma chambre d’hôtel, les évènements de ces derniers jours me rongent et me rappellent les évènements déplaisants du front. Mais j’ai en moi le sang de l’un des plus grands hommes que cette nation ait jamais porté, et je dois m’en montrer digne en protégeant le peuple américain des horreurs tapies derrière le voile que ces livres permet d’observer. Quel qu’en soit le coût pour ma propre personne, je ne peux tourner le dos à ce savoir interdit juste parce que j’en connais les risque. Justement, parce que j’en connais les risques. Le monde n’est pas prêt. Et mes compagnons ? Une partie de moi se sent coupable de les voir entrainé dans le sillon de concepts qui visiblement les dépassent, mais je ne peux pas me battre seul contre le reste du monde. DES mondes……

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Passages choisis du Livre d’Ivon

Auteur: Gaspard du Nord
Année: XIIIème siècle
Langue: vieux français
Localisation: Carlyle House, 452 Albany Post Road, Crugers, Westchester, New-York

Type: Mythe
Complexité: Complexe
Longueur d’étude: 6 semaines
Sapience: 1

A propos:

L’origine de cet ouvrage est tout aussi mystérieuse que l’identité de son auteur. Les occultistes attribuent le livre à Eibon, un puissant sorcier de l’ancienne Hyperborée. Après la destruction de cette terre, le manuscrit fut sauvé par un culte secret et transmit à travers les âges. Cet ouvrage n’a certainement jamais été imprimé: tous les exemplaires connus sont manuscrits. La plus ancienne version connue est le Liber Ivonis latin, recopié vers 800-900 après JC par Caius Phillipus Faber. Six exemplaires de ce manuscrit sont connus, le plus anciens datant à priori du milieu du XIème siècle.

Au XIIIème siècle, une traduction en moyen français à partir de l’original grec a été écrite par Gaspard du Nord. Originaire de Vyones, Gaspard étudiait l’alchimie et la magie noire et avait été l’élève du légendaire magicien Nathaire. C’est de son ancien maître qu’il prétendait avoir obtenu le manuscrit grec qui lui a servi de modèle. Treize exemplaires du Livre d’Ivon sont encore en circulation.

Avant cette traduction, Gaspard du Nord avait réussi à mettre la main sur des passages de la version latine (Liber Ivonis), et en avait fait également une traduction en un seul exemplaire, qui constitue les “Passages choisis du Livre d’Ivon”, moins aboutie que le véritable Livre d’Ivon, mais finalement plus rare encore.

L’ouvrage traite de la religion et de la magie d’Hyperborée. Il aborde entre autre Tsathoggua et ses larves amorphes, le Peuple Serpent, Abhoth, Atlach-Nacha, Rlim Shaikorth et le ver des glaces. Eibon aurait tiré ses pouvoirs magiques du Dieu crapaud Tsathoggua, et les pages de son livre contenaient de nombreux sorts et incantations.

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