Tagged With: Jackson Elias
Les PNJ
Liste des PNJs sans information particulière
- Royston Whittingdon : sous-secrétaire de Mombasa (Collingswood House)
- M. Harvis : représentant de la colonie (Nairobi)
- Faraz Najir : contact de R. Carlyle au Caire, Rue des Chacals, Egypte
- Andrew Dixxon White : auteur de ‘Une histoire de la guerre entre science et technologie dans la chrétienté’
Lettre datée du 20/02/1925
Lettre inachevée écrite de la main de Gavigan, écrite à l’encre noire sur un excellent papier crème.
Dans la boutique Ju-Ju
Pistes autour de J.Elias
La fin tragique de Jackson Elias
Les évènements tragiques que j’ai été amené à vivre aujourd’hui me poussent à coucher sur le papier le récit de ce qui s’est passé, de la manière la plus complète possible (en me reposant parfois sur les rapports de mes nouveaux compagnons) afin de laisser une trace de cette affaire sordide, au cas où nous serions amenés à subir un sort similaire à celui de mon ami. Pour ne pas oublier, aussi, car souvent dans ce genre d’affaires, des détails anodins d’apparence s’avèrent essentiels avec le recul du temps.
Je pourrais commencer ce récit bien plus tôt, évoquant la relation professionnelle, puis d’amitié sincère, m’ayant lié à Jackson Elias, et nos travaux communs sur les cultes et autres sectes se servant d’illusions et de manipulations pour jouer avec la crédulité des hommes et s’attirer leurs faveurs, financières ou autres, mais il me semble plus opportun de commencer avec ce qui fut l’élément déclencheur de notre rencontre.
Au début de l’année 1925, cinq personnes sans lien direct apparent (mais les apparences sont parfois trompeuses !) reçoivent un télégramme de Jackson Elias. Tous connaissent ce journaliste d’investigation professionnellement ou personnellement. Ces cinq personnes sont Eva Parker, une riche veuve ayant régulièrement défrayé la chronique par ses tenues outrancières masculines et ses expéditions aux quatre coins du monde, Jonathan Lassiter, un ancien doughboy engagé volontaire et travaillant maintenant dans un cabinet d’avocats, Edgar H. Drumond (oui, c’est bien cela, Drumond), un auteur que j’avais déjà croisé dans le cercle d’Elias, ma cousine Katherine Grey, éminente neuro-psychiatre au sein de son établissement familial, et moi même, Dexter Drake.
Mon télégramme était assez laconique, Elias mentionnant brièvement avoir des informations sur l’expédition Carlyle (je suppose que vous en avez tous entendu parler, donc je ne m’étendrai pas sur le sujet) mais me demandant d’être discret sur ce point. Je me suis donc rendu à New York quelques jours avant notre rendez-vous afin de justifier mon déplacement par une recherche de salle de spectacle pour un show ultérieur. Le télégramme de mon ami me demandait d’être présent le 15 janvier, mais sans autres indications de sa part je me suis rendu dans sa maison d’édition pour essayer de remonter sa trace. Un message m’y attendait justement, me donnant rendez-vous à 11 heures à l’hôtel Chelsea…
C’est dans le hall de l’hôtel que notre petit groupe s’est formé pour la première fois. Eva et Katherine étaient en grande discussion pendant que Drumond parlait avec le concierge. Lassiter et moi arrivâmes peu ou prou en même temps, et très vite nous nous rendîmes compte que nous étions tous là dans le même but : répondre présent au rendez-vous de Jackson Elias.
Le concierge nous a indiqué comment rejoindre la chambre 410 où nous attendait, selon lui, mon ami Elias. Au quatrième étage, face à la porte, nos appels restèrent sans réponse. Lassiter a fait un aller-retour à la réception pour se voir confirmer par le concierge que oui, Elias était bien arrivé il y a une trentaine de minutes, et non ressorti depuis. Drumond a alors tenté de prendre des renseignements dans la chambre voisine où il fut accueilli par un vieil homme antipathique et à moitié sourd se plaignant néanmoins du remue ménage et du vacarme sortant de la 410 depuis plusieurs minutes. Craignant un quelconque grabuge, les deux dames coururent chercher le concierge et son passe pour ouvrir la porte de la chambre du journaliste.
Peine perdue : la porte restait close, visiblement Elias avait laissé sa propre clef dans la serrure de l’autre côté de la porte. C’est alors que retentit un bruit sourd, comme un objet lourd jeté au sol, qui nous décida à être plus pro-actifs. A mon injonction, Drumond et Lassiter défoncèrent la porte de concert. Après un vestibule désert, nous ouvrîmes une autre porte pour découvrir une salle à manger complètement retournée, fouillée, et dont quelqu’un avait visiblement maladroitement voulu bloquer l’accès avec une chaise, sans succès. Le bruit provenant d’une autre pièce, nous découvrîmes rapidement la chambre d’Elias, accueillis brutalement par une immense hachette manquant Drumond de peu et venant se ficher dans le mur à quelques centimètres de Katherine.
La scène irréelle se présentant à nous était composée du corps de Jackson Elias gisant sur son lit, maculé de sang, et entouré de trois nègres massifs à la peau d’ébène et aux cheveux courts, habillés comme des dockers ou des malandrins, probablement membres d’un quelconque gang des rues en dépit de leur teint de peau inhabituellement sombre, plus proche du charbon que des teintes chocolat des nègres de Harlem.
Très vite, il apparut que toute discussion était impossible. J’ai dégainé ma canne-épée en criant au concierge d’aller prévenir la police alors que Drumond se jetait sur eux et en plaquait un au sol. La fenêtre donnant vers l’extérieur était brisée, c’est probablement par là qu’ils étaient entrés. Le plus proche de la fenêtre essaya de s’enfuir, mais Lassiter courut l’en empêcher Je tins le troisième en respect avec ma canne. Ma cousine hurla soudain, mais qui pourrait lui en tenir rigueur ?
Les nègres communiquaient dans une langue inconnue et gutturale, probablement un dialecte africain. Lassiter se battait avec une petite matraque contre son adversaire. Le mien ne voulait pas se rendre, je lui ai donc planté ma lame dans l’épaule, mais il l’a attrapé à main nue en dégainant une autre hachette. Eva arracha ensuite la première hachette du mur, alors que Katherine arrêtait de crier et reprenait ses esprits. Drumond se débattait toujours avec son adversaire au sol. J’ai dégagé ma rapière in extremis pour éviter un coup de hachette. Ma cousine en a profité pour lui tirer dessus, le touchant à l’épaule elle aussi, et il s’est écroulé. L’adversaire de Lassiter l’a repoussé et Eva se mit à parler en africain elle aussi. Lassiter a rattrapé le fuyard et l’a bousculé alors qu’il passait la fenêtre, il s’écrasa 4 étages plus bas sur une voiture. Le dernier conscient fut tenu en joue par Katherine. J’ai récupéré son petit calibre pour prendre le relais afin qu’elle aille voir Elias, car en dépit de son domaine de prédilection, l’esprit, elle reste néanmoins médecin. Le diagnostic était simple et sans appel en retournant le corps : il avait été éventré, son front marqué à la lame d’un signe étrange et malsain qu’Eva affirma avoir déjà vu au Kenya.
Les deux vétérans attachèrent le dernier nègre conscient pendant qu’Eva continuait à lui parler en Africain. Le nègre semblait comprendre et répondre. Lorsqu’elle nous rapporta cet échange, elle nous dit qu’il avait refusé de donner toute information mais qu’au vu de son dialogue, c’était probablement un cannibale. Quelle horreur. Nous n’avons peut être pas pu sauver la vie de mon ami, mais nous lui aurons au moins évité d’être dévoré.
Une fois le dernier malfrat ligoté, j’ai rendu son revolver à ma cousine et commencé à fouiller la pièce avec mes nouveaux compagnons d’infortune pendant que Lassiter allait voir ce qu’il restait de celui qui était tombé, mais il ne trouvera rien de probant et remontera bredouille.
Nous trouvâmes plusieurs papiers intéressants, dont une lettre signée “Faraz Najir” envoyée du Caire, une photo de bateau devant un bâtiment qu’Eva identifia comme étant localisé à Shanghai, une carte de visite de la fondation Penhew (l’un des membre de l’expédition) où Elias a écrit à la main ‘Silas N’Kwane’, une boite d’allumettes du “Tigre Trébuchant”, avec un dessin et un sous titre nous rappelant aussi Shanghai, et un prospectus cartonné glissé dans un livre (“Une histoire de la guerre entre science et technologie dans la chrétienté, Vol.2” par Andrew Dixxon White). Le prospectus était fiché au début du chapitre 14, “From Fetish to Hygiene”. Le prospectus faisait mention d’une conférence sur “Le culte des Ténèbres en Polynésie” pour “ce soir seulement”… mais quel soir? Tant de pistes obscures, et aucun motif apparent pour le meurtre de mon ami.
A ma connaissance, Elias n’avait pas de famille. Nous attendîmes donc la police. Nous fîmes notre déposition au Lieutenant Martin Poole, arrivé promptement sur les lieux du crime. Il répondit volontiers à certaines de nos questions (il connait visiblement Katherine) nous apprenant que c’est la neuvième fois en deux ans qu’ils trouvent un meurtre avec cette marque sur le front. Aucun lien apparent entre les victimes (de sexe, d’ethnie, et de milieux sociaux différents). C’est justement Poole qui est chargé de cette enquête au long terme. Il nous a proposé de passer au poste pour parler du dossier si nous étions intéressés, et que ce soit par amitié pour Katherine ou par compassion face à la perte de notre ami commun, c’est très urbain de sa part. Il pense qu’il y a un lien avec un culte de la mort africain mais les habitants de Harlem qu’il a interrogé à ce sujet refusent de parler. Il nous a demandé de passer cet après midi. Je lui ai laissé une carte de visite et nous prîmes congé, décidant de déjeuner ensemble pour mettre en commun nos informations, déterminés à faire front commun et à ne pas laisser le meurtre de Jackson Elias impuni…
Le télex de Jackson Elias
Miriam Atwright – indices trouvés dans la chambre d’hôtel de Jackson Elias 2/6
Miriam Atwright travaille à Harvard.
Le livre demandé : ‘les sectes sécrètes d’Afrique’
Le livre a disparu avant sa demande (seule une odeur innommable restait).
Copie du livre : ‘les sectes obscures de l’Afrique’ écrit en 1910 par Roland Herrigton.…
Rêves et délires de Jackson Elias
Eva Parker
Eva Parker, ma biographie :
Je suis née à Washington DC le 8 décembre 1896, de riches parents commerçants dans le domaine de l’orfèvrerie. J’ai eu la chance de pouvoir entreprendre des études de lettres à l’Université de Cambridge, et suis mariée à l’âge de 21 ans à un archéologue américain de 15 ans mon aîné, Alec Parker.
L’accompagnant dans ses expéditions, j’ai parcouru avec lui de nombreuses contrées dont les principales ont été la Chine, la Syrie, l’Egypte, le Kenya, la Birmanie et l’Inde. J’ai activement participé à ses importantes campagnes de fouilles et nos découvertes sont exposées au musée du Metropolitan Museum of Art qui nous finance. N’ayant pas abandonnée ma passion pour les lettres, je deviens également chroniqueuse de nos expéditions dans le New-York Prospero. Sept années après notre mariage, mon mari décède dans un tragique accident à Lothal en Inde.
Devenue jeune veuve à l’âge de 28 ans, ma situation financière très confortable, et mes nombreuses connaissances dans le domaine me permettent de continuer mes activités d’exploratrice chroniqueuse.
Ayant adopté les idées du mouvement d’émancipation et de libéralisation des femmes, je porte la coupe à la garçonne, et également le pantalon.
Nos expéditions :
* En Chine : avant que la chine ne vérouille la recherche archéologique à l’encontre des étrangers en 1920, nous nous sommes rendus en 1917 à Khara-Khoto (au nord de la chine) pour réaliser des fouilles dans cette citadelle médiévale et imprenable aux murs de 10 mètres de haut.
* En Syrie : sur le site de Qatna, cité antique de l’âge de bronze, on découvrit des tombes où reposaient les restes de certains Rois de Qatna et où étaient effectués les rituels funéraires royaux. Les vestiges des murs de la ville sont encore conservés à une hauteur de 20 m. Ils sont composés de calcaire et de briques cuites. Cet ensemble fonctionnait comme un complexe funéraire royal de la dynastie régnant à Qatna.
* En Egypte : Nos recherches nous ont mené à Tal Al Amarna (au nord de l’Egypte), capitale construite par le pharaon Akhénaton aux alentours de – 1360. Nos fouilles nous ont permis de compléter une précédente découverte établie par des consorts allemands : nous avons pu découvrir et déchiffrer des tablettes d’argile provenant des archives royales : “les Lettres d’Amarna”. Ces lettres sont rédigées en akkadien mêlé de formules en cananéen, ancêtre du phénicien. Elles sont écrites en cunéiforme syllabique. Cette découverte est très précieuse, car elle couvre les échanges entre les chancelleries depuis la fin du règne d’Amenhotep III, jusqu’aux temps troubles du règne d’Akhénaton.
Etant sur place, Lord Carnavon nous engage pour venir épauler Howard Carter dans ses recherches à la vallée des tombes. Ce dernier décida de fouiller plus profondément une zone aux abords de la tombe de Ramsès VI et trouva finalement le 4 novembre 1922 un escalier qui était enfoui à quatre mètres de profondeur.En pénétrant dans la sépulture de Toutankhamon nous découvriment une extraordinaire pièce qui contenait de magnifiques objets en or.
La nouvelle se répandant comme une trainée de poudre, de nombreux touristes vinrent en Egypte pour tenter de voir la fameuse découverte.
Suite à un accord signé avec le Times, de nombreux autres journalistes colportèrent la rumeur d’une malédiction qui devait frapper les égyptologues suite à la découverte du tombeau. Je fis moi-même un article à mon journal sur ce sujet.
En 1923, Lord Carnarvon décéda à la suite d’une septicémie laissant ainsi Carter seul face à l’immense travail. D’autres savants de l’équipe décédèrent également par la suite rajoutant du crédit à la rumeur de la malédiction. Cependant, il faut ajouter que ces hommes étaient déjà pour la plupart assez âgés… Mon mari et moi-même avons eu la chance de ne pas subir leurs troubles.
* Au Kenya : nous sommes partis à la découverte du Sangoen (industrie lithique qui désigne l’ensemble des objets en pierre transformés intentionnellement par les humains). Nous y avons découvert de gros outils façonnés de type pic ou hache, souvent à section triangulaire. Cette découverte a littéralement bouleversé les théories de la profession qui interprétaient jusqu’alors le Sangoen comme une adaptation au milieu forestier. J’y ai passé une année, et ai eu l’occasion d’apprendre le Kiswahili, pour pouvoir communiquer avec notre unique guide, un maasaï du nom de Bahatisha, ce qui signifie ‘prendre sa chance’ en Kiswahili.
* En Birmanie : cette expédition n’a pas été des plus faciles, avec le peu d’aide des assistants indigènes et la pénurie de personnel qualifié. Mais j’ai gardé un très bon souvenir de ce périple accompli pour participer à la restauration du Palais du Mandalais et des monuments du Pagan :
Nos plus remarquables découvertes ont été celles réalisées dans la région du Pagan où nous avons trouvé de nouveaux ‘caves-temples’ et ainsi qu’une statue du Buddha à quatre visages, et une statue de Vishnu sur le serpent Anata.
Au terme de cette expédition, à la veille de notre départ, un officiel birman m’a remis lors d’une soirée officielle un superbe petit gibbon que j’ai surnommé Moe et qui ne me quitte plus.
* En Inde : La découverte de la civilisation perdue de la vallée de l’Indus dans les années 20 a attiré bon nombre de confrères pour découvrir les secrets de cette civilisation jusqu’alors oubliée. Leur écriture est encore indéchiffrée à ce jour, ce qui a suffit à attiser la curiosité de feu mon époux. Il a donc monté une expédition pour Lothal au nord ouest des Indes. Cette expédition fut malheureusement son tombeau. On me cacha les circonstances exactes de sa disparition, vraisemblablement par tact. Je conserve toutefois précieusement une des dernières pierres gravées sur laquelle il basait ses recherches, n’ayant pas eu à coeur de la remettre au musée qui a subventionné ces recherches.
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Photo de moi – Invitation au Gala de charité d’Erika Carlyle 17 janvier 1925 :
Dexter Drake, magicien extraordinaire
Toute personne à l’affut des dernières soirées en vogue dans le nord est des Etats-Unis aura déjà entendu parler de Dexter Drake, le magicien extraordinaire. Evoluant dans le cercle du célèbre Harry Houdini et partageant son amour des illusions et du “Smoke and Mirrors” de la scène, et sa connaissance d’un grand nombre de “trucs” d’illusionnistes.
Si Houdini est surtout connu pour être le maître de l’évasion, disparaissant de caissons remplis d’eaux ou d’une tombe enterré vivant, les spectacles de Dexter Drake sont plus centrés sur le fantastique et les illusions d’optique. Sons et lumières, lévitation, disparition d’objets et de personnes, rien ne semble impossible au Grand Maître des Arts Mystiques, pour le plus grand bonheur de son public.
D’une personnalité flamboyante, haut de forme sur des cheveux courts impeccablement gominés, la canne à la main et la moustache tranchante comme le fil d’une épée, s’il ne peut prétendre à la même notoriété internationale que Houdini, les spectacles de Dexter Drake font toujours salle comble à Boston, New York ou Atlantic City.
Néanmoins, ceux qui le connaissent plus personnellement savent que “Dexter Drake” n’est que son nom de scène. Le “Grand Maître des Arts Mystiques” est né Thomas Jefferson Coolidge, 3ème du nom, et est le descendant direct du troisième président des Etats-Unis d’Amérique, l’un des pères fondateurs de la constitution.
Après être sorti avec les honneurs de la prestigieuse USMA de West Point à New York (la “U.S. Military Academy”, l’école d’officiers la plus prisée de la nation), TJC3 a servi en tant que Second Lieutenant, puis Premier Lieutenant dans l’armée américaine, faisant partie du contingent de Pershing ayant combattu l’armée allemande en France pendant la Grande Guerre.

Le Premier Lieutenant Thomas Jefferson Coolidge, 3ème du nom (au centre) et Lieutenant-Colonel Paul B. Clemens (gauche) interrogent un officier allemand à proximité de Romagne, 9 Octobre 1918
A son retour de France, en dépit de l’absence de toute blessure apparente, TJC3 quitte le service actif de l’armée et retourne chez lui en tant que simple civil. S’il participe parfois à des réunions de vétérans, il ne reste jamais bien longtemps, et en dehors de ces rassemblements cathartiques la guerre est un sujet de conversation qu’il aborde peu, voire esquive. Quelques années après son retour, “Dexter Drake” fait ses premières apparitions publiques qui seront rapidement remarquées, le catapultant au sein du cercle des grands illusionnistes notoires.
Les lecteurs des ouvrages publiés de Jackson Elias n’auront sans doute pas manqué de remarquer le nom de Dexter Drake régulièrement cité dans les pages de remerciements de l’auteur.…
Jack « Brass » Brady
Garde du corps et ami intime de Carlyle (1886-1919 ), en charge de l’intendance (expédition Carlyle)
Jack Brady semble être à la fois le garde du corps personnel de Roger Carlyle mais également son ami le plus proche, si ce n’est le seul. Personnage au passé nébuleux, on dit de lui qu’il aurait été soldat en Chine et durant la Grande Guerre, puis mercenaire en Turquie. Il connaitrait le turc, l’arabe et plusieurs dialectes chinois.
Sa rencontre improbable avec le millionnaire new-yorkais survient en Californie, alors que le jeune Roger Carlyle vient de se faire expulser d’USC. Au cours d’une bagarre de bar qui tourne mal, Brady étrangle son adversaire avant que les témoins ne puissent intervenir, attestant d’une force considérable ou d’une technique confirmée. Une heure de tête-à-tête suffit à sceller une solide amitié, à l’étonnement des proches de Carlyle dont c’est le premier attachement véritable. Carlyle fait appel aux meilleurs avocats du pays, qui détruisent pièce par pièce le dossier d’accusation. Sept témoins oculaires sont éclipsés par une nuée d’arguties juridiques et Brady est acquitté.
La paire est désormais inséparable et Brady alterne les rôles de garde du corps et porte-parole de Roger Carlyle. il se chargera de l’intendance et supervisera la main d’oeuvre locale durant la funeste expédition de 1919.
Jackson Elias affirme dans ses notes s’être entretenu avec un mercenaire qui aurait croisé Brady vivant en 1923 à Hong-Kong, soit plusieurs années après son décès présumé au mains des tueurs nandis au Kenya. C’est à partir de ce postulat que le journaliste va échaffauder l’hypothèse que d’autres membres de l’expédition pourraient très bien être encore vivants eux-aussi.…
Jackson Elias
Jackson Elias (1886-1925) parle couramment plusieurs langues et voyage sans cesse. Il est sociable et ne refuse pas un petit verre de temps à autre. Il fume la pipe. C’est aussi un coriace, solide et ponctuel, qui n’a pas peur de la bagarre ou des autorités. C’est d’abord un autodidacte et ses travaux de recherche très fouillés semblent s’appuyer sur une expérience de première main. Très secret, il ne parle jamais de ses projets avant d’en avoir terminé la rédaction.
Ses ouvrages décrivent et analysent les cultes de la mort. Son livre le plus célèbre s’intitule Les Fils de la Mort et traite des communautés thugs dans l’Inde moderne. Tous ses livres expliquent comment les cultes exploitent les peurs de leurs adeptes. Elias est un sceptique qui n’a jamais découvert de preuves démontrant l’existence des pouvoirs surnaturels, de la magie ou des dieux ténébreux. Pour lui, les adeptes des cultes de la mort se caractérisent d’abord par leur folie et leur complexe d’infériorité. Ils massacrent des innocents pour se sentir puissants ou élus. Les cultes attirent essentiellement les faibles d’esprit, même si leurs chefs sont généralement très intelligents et manipulateurs. Lorsqu’un culte cesse de terrifier, il disparaît inéluctablement.
Bibliographie :
– Des Crânes sur le Fleuve, (Prospero Press, 1910). Traite du culte des chasseurs de têtes du bassin de l’Amazone.
– Les Maîtres des Arts Noirs (Prospero Press,1912). Un survol des cultes sorciers à travers l’histoire.
– Le Chemin de la Terreur (Prospero Press,1913). Analyse le système de la peur employé par les cultes. Une introduction enthousiaste de Georges Sorel.
– Un Cœur Encore Fumant (Prospero Press,1915). La première partie traite des cultes de la mort historiques de la civilisation maya, la seconde décrit certains cultes de la mort existant encore au sein de l’Amérique Centrale actuelle.
– Les Fils de la Mort (Prospero Press,1918). La communauté thug moderne. Elias l’a infiltrée pour écrire ce livre.
– Les Cultes de Sorcières en Angleterre (Prospero Press,1920). Les cercles de sorcières de neuf comtés anglais et des interviews de sorcières anglaises modernes. Rebecca West a jugé qu’une partie de la documentation était insignifiante et abusivement exploitée.
– Le Pouvoir Noir (Prospero Press,1921). Suite du Chemin de la Terreur, on y trouve les interviews anonymes de plusieurs chefs de cultes.
Tous ces ouvrages sont publiés par Prospero Press à New York — éditeur, Jonah Kensigton…
Miriam Atwright
Bibliothécaire de l’université de Harvard à Cambridge dans la Massachussets (1886 – )
Miriam Atwright est femme d’une quarantaine d’années, brune, grande et fine, portant le chignon, au regard clair et à la voix haut perchée, toujours habillée de façon on ne peut plus élégante et classique.
Elle connaissait personnellement Jackson Elias.…
Mickey Mahoney
Journaliste (1882-), propriétaire du Scoop situé sur Fleet Street, près du Ludgate Circus.
Mahoney est un rouquin coriace qui ne se dépare jamais de son cynisme et de son cigare. Propriétaire du Scoop, un tabloïd spécialisé dans les scandales et les meurtres sordides, Mahoney n’est pas homme à s’émouvoir pour un rien. C’est une connaissance de longue date de Jonah Kensigton, et Jackson Elias est passé chez lui pour étudier ses archives.
…
Edward Gavigan
Directeur de la fondation Penhew (1870-)
Sophistiqué et tiré à quatre épingles, il porte une montre-bracelet, une mode relativement récente. Selon l’analyse de Ms Gray, son état mental mériterait une entrée à lui seul dans un ouvrage de psychiatrie. Il ne rentre pas dans aucune classification. Quoi qu’il en soit, il est extrèmement intelligent et cultivé.
Il dispose d’hommes de mains “identifiés”:
En plus d’un appartement sur London, il possède une grande propriété dans l’Essex, au Naze, à environ 11 km au sud-ouest de Harwich. Cette propriété se nomme la maison Misr, ce qui signifie Egypte en arabe. C’est un manoir datant du XVIIe situé sur un domaine insulaire s’étendant sur des milliers d’hectares. Des douves de marécages et bourbiers séparent l’île où s’élève le manoir des champs cultivés pour lesquels Gavigan perçoit des fermages. Le manoir a longtemps appartenu à des occultises enthousiastes.
James Barrington
Inspecteur Chef à la criminelle de New Scotland Yard (1870-)
Le front haut et le nez en avant, l’inspecteur Barrington est un homme méthodique engoncé dans des costumes chics à rayures verticales et portant toujours couvre-chef et montre à gousset. Ce fin limier est obsédé par l’affaire des meurtres égyptiens, surtout parce que son prédécesseur à disparu sans laisser de traces il y a bientôt un an, et qu’il semble bien que cette disparition soit liée à l’enquête.
Barrington connait personnellement Jonah Kensigton. Jackson Elias est passé le voir pour l’aider dans son enquête, orientant les investigations vers une mystérieuse secte, la fraternité du pharaon noir.
Il fait appel dans le cadre de cette enquête à un indic, sorte de chef de la communauté Egyptienne: Tewfiq Al-Sayed. La fondation Penhew a également été mise à contribution pour creuser l’histoire de la fraternité, mais sans succès.
…Jonah Kensington
Directeur et propriétaire des éditions Prospero Press
Jonah Kensington est certainement l’un des meilleurs amis de feu Jackson Elias. C’est un homme réfléchi d’une cinquantaine d’années environ, de taille moyenne, aux cheveux et à la barbe rousse grisonnante. Il est souvent vêtu d’une chemise aux manches retoussées sous un gilet d’un costume trois pièces de belle coupe. Sa maison d’édition située sur Lexington Avenue ne publie que des livres traitant d’occultisme, notamment ceux d’Elias. Bien qu’il se passionne naturellement pour ces sujets, Jonah Kensington n’en reste pas moins un homme ayant la tête sur les épaules, doté d’un esprit critqiue aiguisé. Malgré sa voix de stentor, c’est également un homme de coeur et chaleureux.…











































