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Les sombres ouvrages de Roger Carlyle
Presque quatre heures du matin au moment où j’écris ces lignes, mais le sommeil ne vient pas. Qui aurait pu imaginer que la lettre anodine de mon ami Elias serait le premier engrenage d’une vaste machination vouée à nous emmener, mes amis et moi, au bord de l’abîme ? Qui aurait pu sérieusement se douter que la bibliothèque des Carlyle renfermerait de si sombres secrets, me ramenant aux heures sombres de mon expérience sur le front de la Grande Guerre ? Qui pourrait réussir à dormir dans de telles conditions, et prétendre ne pas avoir l’esprit dérangé de ces révélations ? John Scott peut être ? Mais certainement pas moi.
Samedi 17 janvier 1925, suite
Au repas de midi, Eva nous a conseillé d’aller à la boutique Juju tous ensemble, et de se diviser sur place avec quelqu’un faisant le guet dans la voiture. Lassiter et moi même contrâmes qu’ils ne nous attaqueraient probablement pas en plein jour, même s’ils avaient effectivement quelque chose à se reprocher, mais qu’il pourrait en effet être opportun de voir si notre présence sur place créait des remous extérieurs. Nous parlâmes aussi des victimes précédentes, Eva semblant convaincue que certaines n’ont rien à voir avec l’affaire et ont été abattues par des dopplegangers, ce qui est en effet possible. Mais quand bien même, quel intérêt ? Pour ma part, je ne cherche pas à être un justicier où à résoudre des crimes vieux de plusieurs années, tout ce qui m’importe est d’honorer mon défunt ami et de comprendre pourquoi il a été assassiné.
Nous reprîmes la voiture de Drumond pour aller à Harlem. Il faisait gris et il neigeait. Il y avait plein de pauvres, en groupes, agglomérés sous des couvertures autour d’un feu de fortune allumé dans un baril. Les appartements et petites maisons de ce quartier sont en état déplorable. Il n’y avait quasiment que des noirs dans la rue et aux fenêtres. La boutique est située sur la 137eme, au niveau de Lennox Avenue. Elle est dans une arrière cour donc nous aurions eu du mal à voir la devanture sans s’y engager. Drumond resta dans la voiture avec Katherine. Il y avait un vent glacial dehors. En cherchant à localiser l’adresse précise (1, Ransom Court) nous arrivâmes sur une petite cour de 6 mètres sur 6. Dans la vitrine, plusieurs objets d’art africain. L’intérieur ressemblait à un bric à brac de bibelots africains, instruments de musiques, objets d’art, animaux empaillés, masques en bois, mais le tout entassé dans 30m2 tout au plus. Un bruit surprenant, grave et prolongé, retentit alors, puis un rire faisant suite à notre prévisible sursaut. Nous vîmes un nègre âgé à lunettes, avec un air sympathique. Au premier coup d’oeil dans sa boutique, apparemment je n’ai rien vu de lié au mythe ou à un quelconque dessein occulte. Je reconnus en revanche l’instrument comme étant un didgeridoo, instrument des aborigènes Australiens. L’homme, Silas N’kwane, nous salua, et Eva lui répondit de but en blanc en Swahili. Le visage du black s’illumina et ils se mirent à papoter. Ils repassèrent en américain au bout d’un petit temps (par regain de politesse, sans doute) et Eva lui demanda alors s’il avait des pranga. Certes, c’est direct, mais dans le cas d’une probable culpabilité, comment mieux lui révéler nos réelles intentions et notre statut de fouille-merde ? Décidément, je ne comprendrai jamais rien à la vision des femmes de la politique, le 19ème amendement est joli sur le principe, mais en pratique, avec un tel raisonnement, s’il se généralise le pays cours à la ruine. Il ne faut pas s’étonner que ce genre de mesure ait été prise sous une présidence Démocrate. Au moins le président actuel parle peu, mais agit intelligemment. Mais je m’éloigne du sujet.
Eva et Lassiter avoueront plus tard avoir vu une lueur étrange dans le regard de N’kwane à ce moment là, mais j’étais pour ma part fasciné par la dentition d’un guépard empaillé. Je cherchais également à trouver quelque chose lié au symbole sur le front des victimes mais je ne trouvais rien de ressemblant. Il y avait quelques petits fétiches vaudous, mais visiblement purement décoratifs. Eva lui parla alors de Jackson Elias. Il esquiva et changea de sujet. J’ai acheté un masque de Witch Doctor avec des plumes pour utiliser dans un spectacle, après avoir demande conseil a Eva pour le prix, tout dans la boutique de N’kwane étant à la tête du client et l’humeur du vendeur. Nous nous accordâmes sur 50 dollars. Lassiter négocia quant à lui pour une petite gourde, visiblement en vue d’ouvrir une revente en gros a l’un de ses contacts.
Nous retournâmes à la voiture et nous la poussâmes un peu pour qu’elle redémarre, grippée par le froid, en vue d’un retour vers la partie civilisée de New York. Lassiter et Eva sont convaincus qu’il est lié a toute cette affaire et pire encore : qu’il nous a reconnu (en même temps, à parler d’Elias et de pranga, la seule manière de ne pas nous reconnaitre eut été d’être totalement innocent). Le vieux nègre avait une clef assez inhabituelle et ouvragée autour du cou. Soit c’est un symbole, soit c’est pour ouvrir quelque chose de précis, mais je n’ai pas vu de coffre apparent dans le petit magasin. Peut être un coffre dans l’arrière boutique ? Ou la clef de la réserve ? De toutes façons, à moins de l’assommer et de lui voler son bien, nous ne saurons probablement jamais à quelle serrure elle est liée, ni même si cela a un quelconque rapport avec notre affaire.
Il est 16h lorsque nous arrivâmes au centre, et vu que le gala était prévu pour 18h il était temps de se preparer, tant pis pour Cowles (et pour Eva qui voulait retourner au poste ).
Cette fois nous utilisâmes la voiture d’Eva pour se rendre au gala, cela fit sans doute meilleur genre que le tacot rafistolé de Drumon. Nous arrivâmes à la residence des Carlyle, dans le Westchester. Tout était illumné, il y avait même deux gardes armés, des chiens de garde et des vigiles, la sécurité était très présente. Nous entrâmes dans un hall, spendeur et excès. Lustres, tableaux, oeuvres d’art. Le gotha de New York était present (police, politique, hopitaux, et même le père de Katherine). Drumond et Lassiter faisaient un peu comme un cheveu sur la soupe. Un général, en revanche, reconnut Lassiter et vint le saluer.
Erica Carlyle était toujours accompagnée de deux hommes, l’un de grosse carrure laissant suggérer un garde du corps, portant un colt visible dans un holster, le second plus âgé, armé uniquement d’un porte-documents. Katherine et moi reconnûmes Bradley Grey, cousin distant, associé d’un cabinet d’avocat (Dustan, Whittleby & Grey). J’apprendrai plus tard que le garde du corps se nomme Joe Corey, ancien homme de main d’un caïd de la pègre. Nous nous fîmes prendre en photo en mettant l’enveloppe de notre don dans la tirelire vouée aux oeuvres de charité.
Dans son discours d’introduction, il était clair qu’Erica à la carure du poste qu’elle occupe, c’est un leader né qui pourrait bouger des montagnes en dépit de son sexe. Victoria s’approcha d’Eva, nous les rejoignîmes et elle nous présenta. Nous discutâmes, et elle nous dit qu’Erica aurait sans doute plus de temps pour nous en fin de soirée une fois que tous les discours et présentations seraient passés. C’est en fin de soiree que Victoria est allé la chercher en lui glissant quelques mots en privé. Erica sembla d’abord agacée de ces mots, puis elle nous chercha des yeux pour nous jauger.
À peu près une heure plus tard (le gala a levé $832,463) Bradley Grey s’approcha de nous et nous signala qu’Erica était prête à nous recevoir. Nous le suivîmes, dans un escalier et dans une ancienne bibliotheque victorienne au mobilier splendide avec une cheminée (dans une bibliothèque ? hérésie !) et une table de billard. Erica était en train de terminer d’écrire quelque chose sur son secrétaire. Avec Corey à proximité, en train de savourer un cigare. Nous lui exposâmes les faits, mes mots semblant la toucher, elle se retourna vers un coffre et sortit une bouteille de bourbon, se servant un verre et nous en proposant. Nous nous assîmes tous. Elle congédia Bradley en lui demandant d’annuler ses autres entretiens, et demanda a Corey de sortir veiller à ce que nous ne soyons pas derangés. Elle nous dit qu’elle etait convaincue que l’expédition n’était pas une lubie de son frere, qu’il etait fasciné par quelque chose, et par une négresse nommée M’weru. Il n’avait d’yeux que pour elle. Pour Eva, c’est la source de tous les maux, il a commencé a faire des rêves et des cauchemars quand elle est entrée dans sa vie.
Elle pense qu’Hudson a poussé Carlyle à monter l’expedition pour poursuivre ses chimères et prouver qu’elles n’avaient pas de fondement, mais que le véritable cerveau etait la négresse. Carlyle allait même jusqu’à Harlem. Il l’appelait reine, prêtresse. Elle nous dit qu’en effet avant son depart Roger lisait toujours les memes livres. Elle les a toujours dans sa bibliothèque. Nous avons visiblement éveillé sa curiosité. Elle se rendit au fond de la bibliothèque, révéla une cache secrète derriere un pan de mur dissimulant un énorme coffre. Elle en tira quatre ouvrages, trois tomes et un calepin de notes en cuir. Le premier est spendide avec une magnifique couverture, il semble presque souffler et soupirer quand on l’ouvre. C’est une traduction anglaise des manuscripts Pnakotiques. Je connais ce livre qui a une histoire extraordinaire, et je le considère très dangereux, mis a l’écart de la population pour une bonne raison. Moi et mes frères oeuvrons pour garder ce genre de livres loin des esprits faibles… ou des déments comme Scott. Ce sont des fragments de textes des “Fragments Pnakotiques”, ils compilent des mythes et légendes de l’époque pré-humaine. Des caractères contenus dans ce livre ont été retrouvés ça et là de par le monde. On les lie à Lomar, la cité des premiers humains ayant reçu leurs secrets des Grands Êtres Ailés invertébrés venus à leur aide. Ce livre nécessiterait des semaines de travail pour en percer les secrets. Il y a seulement cinq exemplaires au monde, ce livre a une valeur inestimable. Il y a un exemplaire à l’université Miskatonic.
Le second ouvrage était un ensemble de passages choisis du livre d’Ivon. Plus connu sous le nom de livre d’Eibon, mal traduit en français. Il existe 13 exemplaires complets d’époque, mais là ce sont juste des morceaux choisis. C’est l’alchimiste et mage noir Gaspard Du Nord qui les a traduit en français. De nouveau, valeur inestimable. En touchant le livre, j’ai eu un flash d’images d’une ancienne civilisation. Comme si j’avais été projeté dans le passé. Je l’ai immédiatement relâché, comprenant le terme “dangereux” vis a vis de mes connaissances théoriques de ce livre. Une personne non préparée pourrait devenir folle.
Le troisième était un ouvrage anglais, “la vie d’un dieu”, debut XIXeme, Montgomery Crompton, rien d’aussi impressionnant à vue d’oeil mais sur le chemin du retour Katherine mentionna qu’elle avait remarqué que le cuir était en peau humaine. Quelle horreur.
Le dernier était “le peuple du monolithe”, en anglais. Le cuir était également particulièrement bizarre. Il avait l’air assez dense et mal aéré, difficile à lire.
Un certain malaise se dégageait des livres, atteignant la piece et l’ambiance. Je prévint Erica de la valeur de ce qu’elle avait entre les mains, et du danger pour sa vie et celle de ses proches si la possession de ce savoir venait à s’ébruiter. Elle s’arrangea pour que nous ayons accès aux livres chez elle pour les étudier et nous aider à comprendre ce qui était réellement arrivé à son frère, mais sur mon conseil, elle n’expliquera pas exactement pourquoi à ses gens, leur expliquant juste de nous laisser venir, et nous donnant la combinaison du coffre. J’ai également remarqué que Katherine semblait étrangement craintive et pleine de precautions, avant meme que j’explique que ces livres étaient dangereux. Je devrais aborder ce sujet avec elle, instinct ou savoir, je suis agréablement surpris.
Nous prîmes rapidement congé après avoir signé un contrat très carré avec Grey couvrant notre accès aux livres et à la bibliothèque Carlyle. Seul dans ma chambre d’hôtel, les évènements de ces derniers jours me rongent et me rappellent les évènements déplaisants du front. Mais j’ai en moi le sang de l’un des plus grands hommes que cette nation ait jamais porté, et je dois m’en montrer digne en protégeant le peuple américain des horreurs tapies derrière le voile que ces livres permet d’observer. Quel qu’en soit le coût pour ma propre personne, je ne peux tourner le dos à ce savoir interdit juste parce que j’en connais les risque. Justement, parce que j’en connais les risques. Le monde n’est pas prêt. Et mes compagnons ? Une partie de moi se sent coupable de les voir entrainé dans le sillon de concepts qui visiblement les dépassent, mais je ne peux pas me battre seul contre le reste du monde. DES mondes……
Le peuple du monolithe
Auteur: Justin Goeffrey
Année: 1922
Langue: Anglais
Localisation: Carlyle House, 452 Albany Post Road, Crugers, Westchester, New-York
Type: Mythe
Complexité: Délicat
Longueur d’étude: 3 jours
Sapience: 1
A propos:
Edité à compte d’auteur, peu épais et relié dans une sorte de cuir indéfinissable à la texture vaguement caoutchouteuse, “Le Peuple du Monolithe” est un recueil de poèmes d’un obscur poète américain du XXème siècle du nom de Justin Geoffrey. Outre le grandiose poème donnant son nom à l’ouvrage, il comprend entre autre“De l’Ancienne Contrée” ( From the Old Land), “Passions Obscures” (Dark Passions”), “Nemesis“, “La Bête Venue des Etoiles” (The Starspawn) ou encore l’effrayant “Parade Dans Les Ténèbres” (Strutter In The Dark).
Geoffrey y dépeint une série de voyage en des terres indéterminées où l’évocation d’une nature sauvage pourrait de prime abord le classer quelque part entre le Gothique et le Romantisme. Pourtant, il émane d’entre ces vers une sensation de malaise indéfinissable. Les paysages de Geoffrey suggèrent une morne stérilité, une immobilité morbide dissimulant d’antiques secrets inavouables, et laissent entrevoir en filigrane une vision nihiliste d’un cosmos tout entier voué à l’entropie et dénué de grâce divine.
Le retour à la nature n’est pas une régénération spirituelle chez Justin Geoffrey mais au contraire un retour vers un état dégénéré où la conscience se dilue et finit par être anéantie face au caractère vertigineux et insondable de l’Immuable et de l’Eternel Le cycle poétique amène lentement le lecteur, au terme d’une spirale déprimante, à une ultime et fatale épiphanie. Il réalise alors qu’il n’est nul Chant des Sphères ordonnant l’agencement de l’univers, mais au contraire un hymne dissonant à l’entropie et nul dieu si ce n’est un monstrueux chaos bouillonnant, totalement indifférent à l’ensemble de la Création.…
Expédition Carlyle – coupure de presse 8/8
Expédition Carlyle – coupure de presse 7/8
Expédition Carlyle – coupure de presse 6/8
Erica Carlyle
Femme d’affaires millionnaire (1899-), gérante et héritière des entreprises Carlyle (transport, armement, import-export)
Une très belle jeune femme blonde de 26 ans au port altier et unique héritière de la fortune Carlyle depuis que son frère Roger Carlyle a été déclaré officiellement mort par les tribunaux du Kenya et de New York.
Connue pour son éducation exemplaire lui permettant de briller lors de ses trop rares apparitions mondaines mais également de tenir sa place au mlilieu des requins de la finance. Son réel sens des affaires et sa finesse d’analyse lui ont permis en six ans de redresser les comptes du groupe Carlyle (armement, transport et import-export), quasiment ruiné par Roger Carlyle , certes coqueluche du tout New York mais cauchemar des actionnaires du groupe.
Erica Carlyle réside à Carlyle House, sa propriété située à Crugers, dans le comté de Wetchester, à environ une demie-heure au nord de New York.…
Victoria Post
Propriétaire d’une galerie d’art au 540 West de la 29ème rue dans Chelsea (1898 – )
Victoria Post est une jeune femme élégante et dynamique, de taille moyenne, blonde et terriblement séduisante.
Elle est la meilleure amie d’Erica Carlyle, son père Walter Ellis Post étant lui-même un ancien ami de la famille Carlyle. Victoria et Erica ont suivi des parcours quasi-identiques jusqu’à l’université où Erica a préféré les affaires tandis que Victoria s’est tournée vers l’histoire de l’art suite à son goût pour la peinture.…
Roger Vane Worthington Carlyle
Roger Carlyle (1895-1919), chef de l’expédition Carlyle.
Pas de casier judiciaire, pas de service militaire.
Dernière localisation connue: Kenya
Décédé, mais corps non retrouvé.
Un de ces enfants terribles du gratin newyorkais, Roger Carlyle a régulièrement fait les choux gras de la presse à scandales. La famille Carlyle dispose d’une fortune considérable établie à l’origine sur le négoce du boisd et du textile pour lentement grossir et se diversifier tout au long du XIXème siècle.
A 17 ans déjà, ses parents lui évitent un procès de reconnaissance en paternité. Il effectue dans la foulée plusieurs sejours en cure de désintoxication pour son alcoolisme notoire, à 18 et 20 ans. Miraculeusement, Carlyle obtient son diplôme à Groton mais plusieurs grandes universités prestigieuses (Harvard, Yale, Princeton, Miskatonic, Cornell et USC) vont exiger sa démission durant les trois années suivantes.C’est à cette époque qu’il se lie d’amitié avec Jack “Brass” Brady.
Lorsque ses parents décèdent dans un tragique accident de voiture, il semble se ressaisir, à la grande joie de ses proches et employés. Mais il replonge rapidement dans une vie dissolue lorsque sa soeur, Erica Carlyle, laisse entrevoir une meilleure maïtrise des affaires familiales. Il devient la coqueluche des soirées newyorkaises où il dépense des fortunes en réceptions mondaines et festivités en tous genres, au grand dam des actionnaires du groupe Carlyle.
Au printemps 1919, à la surprise générale, le jeune playboy âgé de 24 ans annonce qu’il va financer une expédition en compagnie de l’égyptologue Sir Aubrey Penhew dont la tragique conclusion fera les gros titres l’année suivante, lorsque Roger Carlyle et ses compagnons de route trouveront une mort atroce aux mains de féroces guerriers nandi au Kenya.…
Joe Corey
Garde du corps d’Erica Carlyle (1887 – )
Joe est un gaillard brun de 37 ans à la carrure impressionnante. Il porte toujours un révolver cal. 45 digne de lui dans un holster portefeuille.
En public, il reste toujours à coté d’Erica Carlyle, prêt à repousser les importuns, journalistes et autres. Il était homme de main d’un caïd de la pègre qui eut le dessous lors d’une transaction avec Erica. Ce chef de gang a disparu juste avant que Joe prenne son poste auprès d’Erica…
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Bradley Grey
Conseiller (1884 – )
Mr Grey est l’homme de confiance d’Erica Carlyle. C’est un des associés du cabinet d’avocat-conseils Dustan, Whittleby & Grey (New-York, 57ème rue). C’est également un cousin de Katerine Gray, même si l’orthographe du nom n’est pas la même.
Les 41 ans de cet homme longiligne et distingué n’apparaissent que sur les traces poivre & sel de sa chevelure brune, toujours lustrée. Ses complets sont bien coupés et sombres, travail des tailleurs d’Erica. Son menton qui s’avance un peu lui donne un air peu commode, l’aidant sans le vouloir dans son travail. Son nom apparaît fréquemment dans tous les articles de presse qui traitent de la prise de pouvoir d’Erica sur les entreprises Carlyle.
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La Vie d’un Dieu
Auteur: Montgomery Crompton
Année: 1806
Langue: vieux français
Localisation: Carlyle House, 452 Albany Post Road, Crugers, Westchester, New-York
Type: Mythe
Complexité: Facile
Longueur d’étude: 4 heures
Sapience: 1
A propos:
Ce manuscrit est l’unique exemplaire du journal de Montgomery Crompton, un artiste anglais, passablement opiomane et dérangé, arrivé en Egypte en 1805.
Le journal décrit initialement ses pérégrinations à la recherche d’une inspiration régénératrice qui lui permettrait de transcender son art. Crompton s’y épanche en décrivant dans un style grandiloquent ses nuits de débauche, se perdant dans les bras de beautés arabes et les volutes des narguilés, ses errances au pied des antiques pyramides ou dans les odeurs épicées et les couleurs chatoyantes du dédale de la vieille ville du Caire. Dans les anciens parchemins des antiquaires du souk, il s’abreuve des légendes d’antan et il est frappé par la figure du Pharaon Noir, un mystérieux personnage au vaste savoir occulte venu de l’antique Irem, la Cité des Piliers, perdue dans les sables du désert.
Il explore fiévreusement les ruines de l’Egypte antique, étudiant les fresques hiéroglyphiques et les visages hiératiques des souverains de jadis à la recherche de signes. Il entend des rumeurs évoquant l’existence d’une société secrète initiatique, la Confrérie du Pharaon Noir, ayant pour symbole une ankh inversée et perpétuant les enseignements mystiques de l’énigmatique figure en œuvrant à son retour.
S’abîmant dans les rêveries du haschisch, Crompton imagine pouvoir plonger dans une hypothétique mémoire ancestrale, finissant par se persuader d’être la réincarnation du Pharaon Noir, dévolu à un destin divin. Il s’épuise à en chercher la trace et devient de plus en plus incohérent, à mesure qu’il se consume dans sa quête, sombrant peu à peu dans la folie.
A la fin du journal, il devient très difficile de démêler fantasmes et réalité, Crompton étant en proie à un délire permanent, ne sachant plus lui-même si les meurtres qu’il se voit accomplir, plantant son gourdin hérissé d’une pointe dans le cœur de victimes hurlantes, les cryptes étranges à la ténébreuse beauté et les gardiens inhumains devant lesquels il se prosterne sont réels ou seulement les échos des songes ténébreux qui ne cessent de le hanter. Le journal est inachevé alors que Montgomery Crompton perd définitivement la raison dans ses divagations messianiques…
Les Manuscrits Pnakotiques
Auteur: Inconnu
Année: XVème siècle
Langue: Anglais
Localisation: Carlyle House, 452 Albany Post Road, Crugers, Westchester, New-York
Type: Mythe
Complexité: Cryptique
Longueur d’étude: 10 mois
Sapience: 1
A propos:
Les Manuscrits Pnakotiques présentent une partie d’un ensemble appelé Fragments Pnakotiques. Il s’agirait de la traduction d’un manuscrit grec appelé Pnakotica effectuée au cours du XVe siècle.
Ce n’est qu’à la fin du XVIIIe siècle que les Manuscrits Pnakotiques commencèrent à susciter de l’intérêt grâce à la découverte de nouveaux fragments contenant une écriture similaire à celles contenue dans les Manuscrits Pnakotiques. Depuis, un grand nombre de caractères et de glyphes similaires sont apparus de par le monde, mais les conclusions des experts à ce sujet divergent.
Ils sont néanmoins d’avis que les Manuscrits Pnakotiques remonteraient à l’ancienne Lomar, c’est à dire il y a plusieurs millions d’années (ère pré-pléistocène). Les Lomariens auraient été les premiers “hommes”, tenant leurs secrets des “Grands Êtres Ailés” qui les visitèrent et les aidèrent. De longs débats se sont tenus pour savoir s’il s’agissait des Mi-Go ou des Choses Très Anciennes. La seconde hypothèse semble la plus probable au vu des hiéroglyphes retrouvés.
On sait que la toute première version des Manuscrits Pnakotiques fut apportée en Hyperborée par un culte secret appelé Fraternité Pnakotique (allié à celui qui a préservé le Livre d’Eibon). Ils auraient obtenu cet exemplaire des “mains” de la Grand Race. Ce qui n’a rien d’étonnant quand on sait que Pnakotis désigne la Cité des Archives, la ville de ces créatures. Une traduction en Tstah-Yo aurait alors été effectuée. Si de tels ouvrages existent encore, leurs contenus sont de loin supérieurs à celui du Necronomicon.
Parmi les sujets traités, il y a les liens qui unissent Cthugha La Flamme Vivante, Aphoom Zhah, le Seigneur de la Flamme Froide, Rhan-Tegoth la Terreur des Hominidés, Rlim Shaikorth Le Ver Blanc et les Gnoph-Kehs.
Il y a également des passages sur Tsathoggua et ses Larves Amorphes. Il prédit également le retour d’ Azathoth et parle brièvement de la Grande Race de Yith.…
Passages choisis du Livre d’Ivon
Auteur: Gaspard du Nord
Année: XIIIème siècle
Langue: vieux français
Localisation: Carlyle House, 452 Albany Post Road, Crugers, Westchester, New-York
Type: Mythe
Complexité: Complexe
Longueur d’étude: 6 semaines
Sapience: 1
A propos:
L’origine de cet ouvrage est tout aussi mystérieuse que l’identité de son auteur. Les occultistes attribuent le livre à Eibon, un puissant sorcier de l’ancienne Hyperborée. Après la destruction de cette terre, le manuscrit fut sauvé par un culte secret et transmit à travers les âges. Cet ouvrage n’a certainement jamais été imprimé: tous les exemplaires connus sont manuscrits. La plus ancienne version connue est le Liber Ivonis latin, recopié vers 800-900 après JC par Caius Phillipus Faber. Six exemplaires de ce manuscrit sont connus, le plus anciens datant à priori du milieu du XIème siècle.
Au XIIIème siècle, une traduction en moyen français à partir de l’original grec a été écrite par Gaspard du Nord. Originaire de Vyones, Gaspard étudiait l’alchimie et la magie noire et avait été l’élève du légendaire magicien Nathaire. C’est de son ancien maître qu’il prétendait avoir obtenu le manuscrit grec qui lui a servi de modèle. Treize exemplaires du Livre d’Ivon sont encore en circulation.
Avant cette traduction, Gaspard du Nord avait réussi à mettre la main sur des passages de la version latine (Liber Ivonis), et en avait fait également une traduction en un seul exemplaire, qui constitue les “Passages choisis du Livre d’Ivon”, moins aboutie que le véritable Livre d’Ivon, mais finalement plus rare encore.
L’ouvrage traite de la religion et de la magie d’Hyperborée. Il aborde entre autre Tsathoggua et ses larves amorphes, le Peuple Serpent, Abhoth, Atlach-Nacha, Rlim Shaikorth et le ver des glaces. Eibon aurait tiré ses pouvoirs magiques du Dieu crapaud Tsathoggua, et les pages de son livre contenaient de nombreux sorts et incantations.…









