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Tagged With: John Scott

L’affaire prend une sombre tournure : traces d’une véritable trame occulte autour de notre enquête

J’ai pris quelques châtaignes grillées pour me réchauffer un peu devant mon café en attendant nos plats. L’avantage, c’est qu’il sera difficile de faire pire que la daurade d’hier. De toutes façons, avec tout ce qui s’est passé cette semaine, je commence à ne plus avoir d’appétit du tout.

Vendredi 16 janvier 1925, suite

Apres le funeste repas du poisson pas frais,  nous nous séparâmes, chacun avec un rôle important à jouer.

Katerine a été voir le docteur Lemming, chargé de l’autopsie, qui est également connu pour être un anthropologue. Il lui apprit qu’à chaque fois, sur chacun des cadavres qu’il a examiné, la fameuse marque occulte a été faite violemment ET lentement à la fois, mais surtout – comble de la cruauté – du vivant des victimes. Il confirme qu’il y a eu plusieurs perpétrateurs, puisque bien que la plupart des marques aient visiblement été faites par un droitier, trois d’entre elles ont été gravées par un gaucher. Katerine croisa Martin Poole sur place durant leur entretien, qui lui a apprit qu’ils avaient remarqué qu’en l’absence d’autre lien évident entre elles, toutes les victimes fréquentaient des personnes “à risque” (des dockers, des voyous, des nègres…). La piste serait donc plus liée à leurs fréquentations qu’à leur nature intrinsèque.

Drumond retourna voir le journaliste du Times ayant travaillé sur les meurtres. Il fit alors le lien entre son nom et l’un de ceux que nous avions survolé durant notre enquête: lui aussi a été le témoin de l’un des meurtres, celui d’Angus Mason, et avait aussi vu un énorme nègre avec un “grand couteau”. Après que Drumond lui décrive les instruments barbares auxquels nous avons eu affaire, il s’avère que ce grand couteau était également un pranga, du même type que celui utilisé pour tuer Elias. Il apprit également que le journaliste Patrick Russel a été massacré à son domicile, mais surtout qu’il etait spécialiste de tout ce qui a trait au commerce et à l’import export.

Lassiter fila chez Emmerson Imports, se faisant passer pour l’avocat de la fausse identité téléphonique d’Eva. N’Kwane est visiblement un gros client d’Emmerson Imports, mais il n’est pas porté haut dans leur estime et ils l’insultèrent copieusement. Apparemment il tient une boutique à Harlem, la boutique Juju, a l’Est de la Lennox avenue. Quant à eux, ce sont les agents américains d’un exportateur à Mombasa. Pas de lien direct visible entre eux, donc, si l’on peut se fier à leurs déclarations et à leur visible animosité, mais plutôt une relation commerciale nécessaire. Il faudra sans doute visiter cette boutique.

Victoria Post, élégante et raffinée

Victoria Post, élégante et raffinée

Eva partit à la recherche de Victoria Post pour, à travers elle, contacter Erica Carlyle. Elle apprit qu’elle a récemment ouvert une galerie d’art à Chelsea. Si Post semblait dubitative au départ de la conversation, Eva réussit à la captiver avec ses révélations sur l’enquête Carlyle et sembla se ranger de son côté. En dépit du déni d’Erica vis a vis de cette histoire, Victoria pense que ce serait une bonne chose qu’elle ait vent de ces développements et promet de lui en parler. Elle proposa un rendez vous à Eva le lendemain soir car Erica donnera une soirée mondaine dans sa demeure, un gala de bienfaisance où Victoria pourrait sans problème nous avoir des invitations nominatives (Eva et nous serons sur la guest list) en nous précisant bien évidemment de ne pas venir les mains vides. Lassiter et Drumond n’étant pas particulièrement aisés, nous prendrons en charge leur relooking et le cadeau nécessaire à la politesse pour un tel gala… C’est tout naturel, même si Eva en a profité pour tenter de mettre Drumond en servage en réclamant la moitié des bénéfices de son prochain ouvrage, qu’il a bien évidemment refusé. Je suppose qu’elle plaisantait. Je l’espère.

Ewa, la fille du professeur

Ewa, la fille du professeur

Quant à moi, je décidai d’aller voir le professeur Cowles, un bonhomme à l’air avenant sur les photographies. Accueilli dans sa résidence par Ewa, probablement sa fille, charmante mais habillée comme une garçonne, j’ai demandé à voir son père, non dans rater lamentablement un tour de prestidigitation, par habitude j’ai voulu sortir une fleur de ma manche pour la faire sourire, mais je n’ai pas pensé que je n’avais pas le bon costume… Cowles arriva avec sa barbe rousse, assez imposant et bedonnant. Il a l’air assez excentrique. Visiblement, Elias ne lui a pas parlé ni pris un quelconque contact durant la conférence, même si Cowles avoua avoir déjà lu ses ouvrages. Nous discutâmes un peu des thèmes de sa présentation. Pour lui, le culte du père des chauves souris n’est pas exclusif aux aborigènes australiens mais est antérieur à la civilisation humaine et s’est étendu partout à travers le monde. Il me passa quelques diapositives. Je lui demandai si l’on pourrait faire des liens avec l’Egypte ou le Kenya. Il à en effet trouvé des correspondances troublantes entre les cultes de la chauve souris des sables et d’autres divinités endormies. L’un des ouvrages les plus troublants qu’il a consulté à Sydney tend à montrer que même si le culte s’est éteint il y a plusieurs centaines d’années, des gens se sont fait attaquer à l’époque moderne, comme Arthur Macwhirr. Certains de ses collègues sont morts de centaines de petites piqûres, ce qui lui a fait penser à la chauve souris des sables. Il a une théorie.  Il me demanda si j’ai entendu parler de R’lyeh. Il pense que le culte de la chauve souris serait lié à cette histoire. Selon lui, il n’y aurait pas une seule entité mais tout un panthéon voué à la destruction de l’homme. La terre ne serait qu’un immense champ de bataille.

L'excentrique professeur Cowles

L’excentrique professeur Cowles

Il m’affirma avoir lu les écrits de Ponape à Sydney… Et je pense qu’il a tout de suite remarqué la difficulté avec laquelle j’ai tenté de cacher ma surprise… Peu de gens au monde connaissent cet ouvrage ou sa portée réelle. J’étais venu voir un vieil érudit, je me retrouvais face à quelqu’un ayant également aperçu des bribes de la nature réelle du monde. Sur les écrits, il a eu l’une des versions en main, mais l’exemplaire a été dérobé par John Scott, dont il ne connait que le nom, transmis par la bibliothécaire. Je le met alors immédiatement en garde, ce nom ne m’étant pas inconnu. John Scott est un comme moi un occultiste de Boston, mais fait partie des personnes qui ont disparu de la circulation, c’est un mage noir extrêmement dangereux. Cowles me raconta un peu ce qu’il avait tiré des écrits de Ponape. Ils ont été rédigés par le capitaine de Vaisseau Abner Ezekiel Hoag de Kingsport dans le Masschussets (au XVIIIème siècle). Il parlent des diables des mers et du dieu Dagon. Des créatures vouées à la chute de l’humanité. Le capitaine a rédigé l’ouvrage en 1734, transcription d’écrits provenant des légendes des mers du sud. Hoag aurait aussi rassemblé des textes parlant de Mu, compilés par un métis polynésien. Ils sont liés à Dagon mais prient Cthulhu et ont des rapports charnels avec les humains. Une légende dit qu’il se passe toujours quelque chose pendant la lecture, et Cowles confirma ce fait : pendant sa lecture, il a plu des grenouilles.

Nous discutâmes longuement pendant une bonne partie de l’après-midi. Avant de partir, je lui dessinai le symbole retrouvé sur Elias pour voir s’il l’avait déjà vu dans ses études sur le culte, mais même approximativement cette rune ne lui était pas familière. Il m’expliqua enfin vouloir réunir des fonds en vue d’une expédition sur le site découvert par Macwhirr en Australie. Ewa et lui retourneront à Sydney dans ce but d’ici 6-7 mois. Il m’explique l’objectif réel de son expédition : il cherche la cité de la grande race.

Mes compagnons et moi-même nous retrouvâmes à l’heure du thé chez Eva. C’est là qu’elle nous annonça que nous serions de gala le lendemain soir. Drumond appella Atwight au téléphone depuis chez Eva, et lui annonça qu’Elias est mort. Nous apprenons qu’il cherchait à consulter les “Sectes Secrètes d’Afrique”, un livre sur les sectes. Il a disparu de la bibliothèque avec les fiches d’emprunt (empêchant donc de suivre leur trace), et le jour même de la disparition il y avait une odeur innommable dans la bibliothèque qui a marqué les souvenirs d’Atwight. Pour Drumond, ce livre a un autre nom : “Les sectes obscures de l’Afrique”, écrit par un Américain en 1910, Herrington,  et édité à la Golden Goblin Press de New York. Son auteur est mort dans des circonstances suspectes d’un arrêt cardiaque juste avant sa publication et du coup le manuscrit n’a jamais été mis sous presse. C’est probablement l’une des seules copies, l’une des épreuves d’impression réservées à l’auteur et à l’éditeur.

La mère de Herrington

La mère de Herrington

Du coup Drumond enchaîna avec un autre coup de téléphone à la Golden Goblin Press, pour se renseigner sur l’ouvrage. Leur seule copie a été remise à la famille après la mort de Herrington. Ils eurent l’amabilité de nous donner l’adresse qu’ils avaient dans leurs archives mais c’était il y a quinze ans. C’est dans le Queens, et nous nous y rendîmes immédiatement dans la voiture de Drumond. Nous tombâmes sur la mère de l’auteur, très vieille mais encore en vie, et emprunt de cette sympathie accueillante qui tend à disparaître des rues de New York. Elle nous invita à rentrer au chaud pour parler et goûter ses cookies sortant du four. Elle nous dit avoir revendu le manuscrit de son fils à Harvard, c’était donc malheureusement le même exemplaire que la copie volée à Artwright. Elle parla également du “dernier cadeau” de son fils qui lui a demandé juste avant sa mort de ne jamais l’enlever de la porte. Nous nous retournâmes, et là encore il me fut difficile de contenir ma surprise. Sur la porte était fiché un ancien symbole occulte, le signe des anciens. Loin des pentacles et des têtes de boucs liés aux sorciers dans l’inconscient collectif, l’existence et la pertinence d’un tel symbole sont réservés à une élite.

Les bons cookies de mémé Herrington

Les bons cookies de mémé Herrington

En essayant d’être le plus discret possible – la vieille dame n’y a vu que du feu mais à leurs yeux mes compagnons auraient bientôt des questions à me poser – j’ouvris mon troisième œil afin de m’assurer de la teneur magique de l’objet. Il était évident qu’un sortilège de mauvais œil avait été jeté sur ce lieu, mais que ce dernier avait été protégé par le signe des anciens. Fort de cette confirmation et de l’assurance de la perfection du tracé du symbole, je repris mes perceptions mondaines, mais l’expérience me laissa temporairement faible physiquement. L’effet magique invoqué était bénin, mais la combinaison du stress de la mort d’un ami, des révélations de Cowles, et de la découverte de symbole de puissance chez la vieille dame ont dû me troubler plus que de raison. En tout cas il est clair que l’auteur des “Sectes…” se sentait menacé par une force surnaturelle et qu’il a voulu protéger ses proches. C’est très noble de sa part, même s’il n’a visiblement pas réussi à se protéger lui même.

En sortant de chez la mère de l’auteur, je révélai à mes compagnons que le symbole est un symbole de protection occulte prouvant selon moi que Herrington n’était pas un charlatan mais un véritable ritualiste. A leurs yeux, tous ne sont pas forcément convaincus du réel de ces pratiques. Un peu heurté et fatigué par cette histoire, j’ai demandé à Drumond de me ramener à mon hôtel en voiture. Eva téléphone alors au poste de police depuis une cabine, et en l’absence de Poole, elle veut passer pour accéder au dossier, en dépit de notre assurance qu’elle allait probablement perdre son temps. Je descends à mon hôtel avant leur départ pour le poste, et j’apprendrai le lendemain que sans surprise, Eva s’est heurté à un mur administratif de procédure policière, et même ses larmes de crocodiles n’ont pas réussi à convaincre le Sergent Hudson de lui laisser accéder au dossier en l’absence de Poole ou de papiers d’accréditation dûment signés.

Samedi 17 janvier 1925

Avant de rejoindre mes compagnons pour le déjeuner, je me suis rendu à la loge Thoth Hermes #9 pour me renseigner sur Herrington et la Langue Sanglante. Mes frères me confirmèrent que Herrington était lui aussi membre du temple. En revanche, ils n’eurent aucune information additionnelle à m’apporter sur la Langue Sanglante.

Lors du repas de midi, je viens d’expliquer à mes camarades que Herrington faisait partie d’une “loge occulte de New York”, sans leur donner plus de détails. Drumond me conseilla alors de retourner voir Cowles pour voir s’il avait à tout hasard entendu parler de Herrington ou de son livre. Je pense que j’aurai le temps de lui rendre une petite visite avant le gala de ce soir…

Le Signe des Anciens sur la porte des Herrington...

Le Signe des Anciens sur la porte des Herrington…

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